On les vend au même rayon, dans des sacs qui se ressemblent, et la moitié des poulaillers n'a que le mauvais des deux. Le grit broie les aliments. Le calcaire fabrique la coquille. Aucun ne fait le travail de l'autre.
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Le bec attrape, il ne mâche pas. Ce que la poule avale descend d'abord dans le jabot, une poche de stockage où l'aliment s'humidifie, puis dans le gésier : un muscle épais et rugueux qui écrase les grains contre des cailloux que la poule a avalés exprès. Ce sont ces cailloux qu'on appelle le grit. Sans eux, le gésier n'a rien à broyer et une partie des céréales et des fibres traverse l'animal sans être digérée.
Le calcium suit un chemin tout autre. Il est absorbé dans l'intestin, passe dans le sang, en partie stocké dans l'os médullaire, une réserve spongieuse à l'intérieur des os longs, puis dirigé vers la glande coquillière où il devient carbonate de calcium. Deux organes, deux circuits, deux produits.
Le grit est un outil, il ne sert qu'au gésier et n'apporte aucun nutriment. Le calcaire est une matière première, il traverse l'intestin et finit dans la coquille. Un poulailler correctement équipé a deux bacs.
Toutes les poules n'en ont pas besoin dans les mêmes proportions, et c'est ce qui explique les avis contradictoires qu'on lit partout. Une poule qui ne mange que du granulé, sur un parcours en terre, trouve seule les petits cailloux qu'il lui faut : elle passera très bien sans bac de grit. La même poule dans un enclos bétonné, ou nourrie avec beaucoup de grain, en manquera.
Trois questions. Le calcaire, lui, est nécessaire dans tous les cas dès la première ponte.
| Pour qui | Âge | Calibre | Précision |
|---|---|---|---|
| Poussins | 0 à 8 semaines | 1 à 2 mm | Grit fin de démarrage, dès qu'ils reçoivent autre chose que de la miette |
| Poulettes | 8 à 18 semaines | 2 à 3 mm | Grit de croissance, en libre-service dès l'accès au parcours |
| Poules adultes | à partir de 18 sem. | 3 à 6 mm | Grit gros calibre, un bac séparé qui dure des mois |
| Grandes races | Brahma, Cochin | 5 à 8 mm | Gésier plus volumineux, il lui faut des meules plus grosses |
Prenez un grit dur, granitique ou silex, pas un calcaire vendu comme grit. C'est une confusion courante en jardinerie : un grit calcaire se dissout dans le gésier au lieu d'y rester, il travaille donc mal comme meule et apporte du calcium à des animaux qui n'en veulent pas forcément. Un vrai grit reste plusieurs semaines dans le gésier avant de s'user et d'être évacué, ce qui explique qu'un petit bac dure des mois pour un poulailler entier.
Trois conditions, et les trois comptent. Le gros grain, parce qu'une particule de 2 à 4 mm séjourne dans le gésier et libère son calcium lentement, pendant la nuit, exactement quand la coquille se fabrique. Le bac séparé, parce qu'une poule qui ne pond pas ne doit pas en avaler. Le libre-service, parce qu'elle sait très bien réguler : laissées libres, les poules vont piocher les grosses particules en fin d'après-midi, juste avant la nuit de travail.
| Produit | Calcium | Rôle | Prix | Notre avis |
|---|---|---|---|---|
| Coquilles d'huîtres broyées | 35 à 38 % | Calcium | Moyen | La référence. Calibre naturellement irrégulier, ce qui est un avantage : du fin tout de suite, du gros pour la nuit. |
| Calcaire concassé | 38 à 40 % | Calcium | Bas | Aussi efficace et moins cher. Vérifiez le calibre sur le sac : en dessous de 2 mm, il ne tient pas la nuit. |
| Coquilles d'oeufs recyclées | 34 à 37 % | Calcium | Gratuit | Excellent, à condition de les préparer correctement (voir plus bas). Ne couvre pas tout le besoin d'un groupe. |
| Grit granitique ou silex | 0 % | Broyage | Bas | Ne remplace jamais le calcaire. Un poulailler qui n'a que ça produit des coquilles fines. |
| Grit dit « mixte » | 10 à 20 % | Les deux, mal | Moyen | Compromis peu satisfaisant : pas assez de calcium pour une pondeuse, trop pour un coq. Deux bacs valent mieux. |
C'est gratuit, écologique et efficace, mais mal fait cela crée un problème plus grave que celui qu'on résout : une poule qui apprend à reconnaître une coquille d'oeuf comme de la nourriture se met à casser les oeufs du pondoir. Quatre étapes suffisent à écarter ce risque.
Retirez le blanc résiduel à l'eau claire et laissez les coquilles sécher à l'air libre, sur un torchon, jusqu'à ce qu'elles soient cassantes. Une coquille encore humide moisit dans le bac de stockage.
Un passage court après une cuisson, quand le four refroidit, suffit. Il détruit les salmonelles éventuelles et rend la coquille friable. Cette étape n'est pas facultative si vous les stockez plusieurs semaines.
C'est le point qui compte. Au rouleau à pâtisserie dans un torchon, ou au pilon. Objectif : des éclats de 2 à 4 mm, plus aucune courbure identifiable, plus aucune membrane blanche visible.
Mélangées à l'aliment, elles seraient avalées par tout le monde. Dans un bac à part, chaque poule prend ce dont elle a besoin. Comptez que vos propres coquilles couvriront environ un tiers du besoin du groupe, à compléter avec du calcaire acheté.
Non, un granulé se délite dans le jabot et n'a pas besoin d'être broyé. Le grit devient utile dès qu'elles avalent autre chose : grain, herbe, insectes, épluchures. Sur un parcours en terre, elles trouvent d'ailleurs seules les cailloux qu'il leur faut. Le bac de grit devient nécessaire surtout sur sol bétonné ou gravier lavé.
Non, et c'est la confusion la plus répandue. Un grit granitique ou en silex ne contient aucun calcium : il broie, c'est tout. Une poule qui n'a que du grit pondra des coquilles de plus en plus fines, puis des oeufs mous. Il vous faut deux bacs distincts, un de grit et un de calcaire concassé.
Une poule en ponte en consomme environ 4 g par jour toutes sources confondues, dont la moitié vient déjà de son aliment complet. En pratique, comptez un à deux kilos de calcaire concassé par poule et par an, laissé en libre-service. Un bac rempli aux trois quarts et rechargé quand il est à moitié vide suffit à ne jamais tomber en rupture.
Non, et c'est justement l'intérêt du bac séparé. Un excès prolongé de calcium chez un animal qui ne pond pas surcharge les reins. Laissé en libre-service, un coq n'y touche pratiquement jamais et une poule âgée n'y va que quand elle en a besoin. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas mélanger le calcaire à l'aliment.
Rarement. Un ménage produit moins de coquilles que ses poules n'en consomment, puisqu'une partie des oeufs part cuite ou entière. Comptez sur un tiers du besoin couvert, à compléter avec du calcaire concassé ou des coquilles d'huîtres. Pensez surtout à les passer au four et à les écraser finement, sans quoi vous risquez de déclencher l'oophagie.