La proportion de chaque aliment compte davantage que la liste de ce qui est permis. Une poule qui reçoit trop de bonnes choses est une poule mal nourrie, et c'est de loin l'erreur la plus répandue dans les jardins.
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Un aliment complet pondeuse est une formule équilibrée au gramme près : environ 16 à 18 % de protéines, 3,5 à 4 % de calcium, du phosphore, des acides aminés de synthèse, des vitamines et des oligoéléments. Cet équilibre est ce que la poule ne peut pas construire seule à partir de ce qu'elle trouve dans un jardin.
Chaque poignée de grain, chaque croûton, chaque assiette de pâtes que vous ajoutez dilue cet équilibre. Les céréales pures plafonnent autour de 11 % de protéines pour le blé et 9 % pour le maïs, sans calcium et sans acides aminés essentiels. Une poule qui mange 60 % de granulés et 40 % de grain reçoit donc une ration à 14 % de protéines et 2,4 % de calcium : elle pond moins, elle pond plus petit, et ses coquilles s'amincissent. Le problème n'est jamais l'aliment ajouté en lui-même, c'est la place qu'il prend.
D'où la règle simple, que nous vous conseillons de tenir comme une ligne de conduite : l'aliment complet doit représenter au moins 90 % de ce qu'elle avale. Tout le reste, verdure, restes de cuisine et poignée de grain du soir, tient dans les 10 % restants.
Une poule en liberté sur un grand parcours herbeux trouve seule une partie non négligeable de sa ration en été, surtout en insectes et en verdure. Elle mange alors spontanément moins de granulés, et c'est très bien : laissez-la faire, mais laissez la mangeoire pleine.
Quantité par jour, consommation annuelle, format de sac le mieux adapté et coût réel.
Un même sac ne convient pas de l'éclosion à la retraite, et deux erreurs se paient cher : donner de l'aliment pondeuse à des poussins, dont les reins ne supportent pas 4 % de calcium, et garder de l'aliment croissance chez des pondeuses, qui manqueront alors de calcium au moment où elles en ont le plus besoin.
| Stade | Âge | Protéines | Calcium | Par jour |
|---|---|---|---|---|
| Poussin (démarrage) | 0 à 6 semaines | 20 à 22 % | 1 % | 15 à 40 g |
| Poulette (croissance) | 6 à 16 semaines | 16 à 18 % | 1 % | 50 à 90 g |
| Prête à pondre | 16 semaines au 1er oeuf | 16 à 17 % | 2 à 2,5 % | 90 à 110 g |
| Pondeuse | en ponte | 16 à 18 % | 3,5 à 4 % | 110 à 130 g |
| En mue | 6 à 12 semaines par an | 18 à 20 % | 3,5 % | 120 à 140 g |
| Coq et poule au repos | toute l'année | 14 à 16 % | 1 % | 100 à 120 g |
La transition vers l'aliment pondeuse se fait avant le premier oeuf, vers 16 à 18 semaines, et pas après. La poulette a besoin de constituer sa réserve osseuse pendant les semaines qui précèdent sa première ponte. Faites le changement progressivement sur une semaine, en mélangeant les deux aliments : un changement brutal fait bouder la mangeoire pendant deux jours.
C'est le point que tout le monde sous-estime. Une poule boit environ deux fois le poids de ce qu'elle mange, soit 250 à 300 ml par jour en conditions normales, et jusqu'à 500 ml voire un litre en forte chaleur. Un oeuf est d'ailleurs composé aux trois quarts d'eau.
La conséquence est brutale : une poule privée d'eau une journée arrête de pondre, et il lui faut ensuite une à deux semaines pour reprendre. Un abreuvoir vide, gelé ou souillé coûte plus d'oeufs qu'un mois de mauvaise alimentation. En hiver, vérifiez qu'il n'est pas pris en glace deux fois par jour ; en été, placez-le à l'ombre et renouvelez-le, une eau tiède et verte de la veille est boudée. Notre page sur le choix de l'abreuvoir détaille les modèles.
Une poule en liberté passe l'essentiel de sa journée à chercher sa nourriture, et elle en trouve une partie. Elle mange de l'herbe jeune, des graines de graminées, des vers de terre, des limaces, des cloportes, des larves, des sauterelles et à peu près tous les insectes qu'elle croise. Sur un terrain herbeux d'été, cette part peut représenter un cinquième de sa ration et améliore nettement la couleur du jaune, grâce aux caroténoïdes de la verdure.
Deux remarques pratiques. D'abord, cette part s'effondre en hiver : le parcours ne donne plus rien de novembre à mars et la consommation de granulés remonte de 20 à 30 %, ce que détaille notre page sur l'alimentation au fil des saisons. Ensuite, un parcours trop petit est vite mis à nu : au-delà de deux ou trois poules pour dix mètres carrés, il ne reste plus un brin d'herbe au bout d'un mois, et la poule ne trouve alors plus rien du tout.
Environ 120 g pour une poule de gabarit courant en ponte, soit à peu près 45 kg par an. Comptez 100 g pour une naine et jusqu'à 150 g pour une grande race ou en plein hiver. Le plus simple reste le libre-service : remplissez la mangeoire et laissez-les se réguler, une poule ne se suralimente pas avec un aliment complet correctement formulé.
Oui, dans la limite de 10 % de la ration et en excluant les aliments à risque. Épluchures de légumes, salade, restes de riz ou de pâtes nature, fanes de carottes : tout cela leur convient. En revanche, ni salé, ni sucré, ni moisi, et rien qui figure sur la liste des aliments interdits. Retirez ce qui n'est pas mangé le soir même, pour ne pas attirer les rongeurs.
Ce n'est pas nécessaire sur le plan nutritionnel, l'aliment complet couvre tout. Une petite poignée le soir a néanmoins deux vertus : elle occupe les poules, ce qui limite le picage dans un enclos exigu, et elle apporte un peu d'énergie avant la nuit froide en hiver. Restez à une poignée pour l'ensemble du groupe, pas par poule.
De 250 à 300 ml par jour en temps normal, et jusqu'à 500 ml, parfois un litre, par forte chaleur. La règle mémorisable est qu'elle boit environ deux fois le poids de ce qu'elle mange. Une journée sans eau suffit à arrêter la ponte pendant une à deux semaines : c'est le poste à surveiller en priorité, avant même l'alimentation.
Non, pas si vous attendez des oeufs. Un grand parcours herbeux lui apporte au mieux un cinquième de ses besoins en été, et rien du tout de novembre à mars. Sans aliment complet, elle survivra mais pondra très peu et ses coquilles seront fines : produire un oeuf demande un apport en calcium et en protéines qu'aucun jardin français ne fournit naturellement.