Son plumage n'est pas qu'un joli motif : il est commandé par un gène porté par le chromosome sexuel. Concrètement, sur une couvée de Plymouth Rock barrées, vous pouvez trier les mâles des femelles à un jour, à l'oeil, et ça change beaucoup de choses.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Chez les oiseaux, le système de détermination du sexe est inversé par rapport au nôtre : ce sont les femelles qui portent deux chromosomes différents, ZW, et les mâles deux identiques, ZZ. Le gène du barré est situé sur le chromosome Z, et il est à dominance incomplète, ce qui veut dire que deux copies donnent un effet plus marqué qu'une seule.
Le résultat est mécanique. Un coq barré porte deux copies du gène, une poule barrée n'en porte qu'une. Les barres blanches d'un coq sont donc plus larges que celles d'une poule, et l'ensemble de son plumage paraît nettement plus clair. Sur deux adultes côte à côte, la différence est nette, et elle n'a rien à voir avec le sexe apparent : elle vient du nombre de copies du gène.
Tache large, contours flous
Elle déborde, s'étale et se fond dans le duvet sombre. Les pattes sont souvent plus claires.
Tache petite, contours nets
Un point bien délimité, à bord régulier. C'est la régularité du contour qui compte le plus, pas la taille.
La fiabilité du tri tourne autour de 80 % si l'on se fie à la taille de la tache. Elle monte nettement, autour de 90 %, quand on juge la régularité du contour plutôt que les dimensions, et davantage encore en ajoutant la couleur des pattes. Ce n'est donc pas une méthode infaillible, mais pour un éleveur amateur qui veut savoir dès l'éclosion combien de coquelets il aura à placer, c'est une information précieuse. La question du devenir des mâles se pose bien avant qu'ils ne chantent, comme le rappelle notre page sur la couvaison.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
La Plymouth Rock a été créée dans le Massachusetts et présentée en 1869, avant de devenir la poule de ferme dominante aux États-Unis pendant des décennies. Son histoire ne s'arrête pourtant pas là : quand l'aviculture industrielle s'est structurée au milieu du vingtième siècle, c'est elle qui a fourni le côté femelle du croisement standard du poulet de chair, associée à un mâle de type Cornish.
Ce choix n'était pas sentimental. On lui demandait exactement ce qu'elle savait faire : pondre assez pour alimenter une filière en oeufs à couver, et transmettre une charpente solide. Le poulet de chair contemporain, celui qui remplit les rayons, descend donc pour moitié de cette race de ferme du dix-neuvième siècle. La Rhode Island Red a joué le même rôle du côté de l'oeuf brun : les deux races les plus banales de la basse-cour américaine sont à la base de toute l'aviculture moderne.
Sur le terrain, c'est une race qui ne fait parler d'elle sur aucun point, ce qui est plutôt une qualité. Elle pond 200 à 250 oeufs bruns par an, elle est notée 9 sur 10 en rusticité au froid grâce à un plumage dense, elle est calme sans être passive, et elle couve raisonnablement, une fois par saison chez beaucoup de sujets.
Ses qualités de mère méritent d'être signalées : elle couve sérieusement et élève bien. Associée à sa production correcte, cela en fait avec la New Hampshire l'une des rares races capables de faire tourner un poulailler en autonomie.
Deux réserves. C'est une grande race, 2,5 à 4 kg, donc une consommation d'aliment en proportion. Et son plumage barré, s'il est spectaculaire, demande de la sélection pour être régulier : beaucoup de sujets vendus ont des barres floues ou irrégulières, ce qui n'a aucune conséquence pratique mais ne justifie pas un prix de sujet de concours.
La Plymouth Rock est un très bon choix générique : elle pond correctement, elle est rustique, calme, bonne mère, et sa robe la rend reconnaissable entre toutes. Elle n'excelle nulle part et ne pèche nulle part, ce qui en fait une valeur sûre pour une basse-cour familiale.
Elle prend un intérêt supplémentaire si vous voulez faire éclore : le tri des poussins à un jour, même à 80 ou 90 %, vous évite de découvrir cinq coquelets quatre mois plus tard. C'est l'un des rares avantages concrets que la génétique offre à un éleveur amateur, et il est trop peu exploité.
Chez les Plymouth Rock barrées, oui, avec une bonne fiabilité. Les mâles portent deux copies du gène barré et présentent une tache de tête large aux contours diffus ; les femelles, une seule copie, avec une tache plus petite et nettement délimitée. Le tri est juste dans environ 80 % des cas sur la taille, et autour de 90 % si vous jugez la régularité du contour plutôt que les dimensions.
Parce que le gène du barré est porté par le chromosome sexuel et qu'il est à dominance incomplète. Un coq en porte deux copies, une poule une seule : les barres blanches du coq sont donc plus larges et l'ensemble de son plumage paraît plus clair. La différence tient au dosage génétique.
200 à 250 par an, bruns et d'environ 58 g, avec une bonne régularité sur plusieurs années. Elle couve en revanche assez souvent, une fois par saison chez beaucoup de sujets, ce qui ampute le total d'environ deux mois de ponte à chaque fois.
Très bien, elle est notée 9 sur 10 sur ce critère grâce à un plumage dense et une bonne masse corporelle. Sa crête simple est de taille moyenne, moins exposée aux gelures que celle d'une Leghorn. Comme toujours, ce qui compte davantage que le thermomètre est la sécheresse de l'abri et l'absence de courant d'air à hauteur de perchoir.
Oui : blanc, fauve, perdrix, coucou argenté et quelques autres, tous reconnus au standard. Le barré reste de très loin le plus répandu et c'est celui qui donne l'identité visuelle de la race. Notez que le tri des poussins à l'éclosion ne fonctionne que sur le barré, puisqu'il repose précisément sur ce gène.