C'est l'argument numéro un pour adopter des poules, et la première cause de déséquilibre alimentaire en basse-cour. Les deux affirmations sont vraies en même temps : tout dépend de la proportion, et d'une règle simple que presque personne n'applique.
Mis à jour le
Une poule adulte consomme environ 120 à 150 grammes de matière sèche par jour. Cette ration doit apporter un profil précis en protéines, en calcium, en acides aminés soufrés et en vitamines, faute de quoi la ponte s'arrête, les coquilles s'amincissent et la mue s'éternise. Aucun mélange de restes de cuisine ne réunit ce profil, jamais.
D'où la règle de base, admise en élevage familial : les restes ne dépassent pas 10 % de ce que la poule ingère dans la journée, soit une poignée d'une quinzaine de grammes par poule. Le reste, ce sont des granulés ou une mouture complète, disponibles à volonté. Les restes sont un extra, une occupation, un plaisir. Ils ne sont pas un mode d'alimentation.
| Reste de cuisine | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| Épluchures de légumes crus (carotte, courgette, salade) | oui | Excellentes, y compris les fanes. Coupez en morceaux qu'une poule peut avaler. |
| Riz, pâtes, semoule cuits sans sel | oui | Bien acceptés. Cuits, jamais crus, et sans sauce. |
| Pain rassis, en petite quantité | un peu | Très pauvre nutritionnellement et gonflant. Un morceau occasionnel, humidifié, pas une base. |
| Restes de légumes cuits, sans beurre ni sel | oui | Sans intérêt calorique mais bien digérés, utiles pour occuper. |
| Croûtes de fromage, laitages | un peu | En très petite quantité. La poule digère mal le lactose, et le sel des fromages affinés est un problème. |
| Coquilles d'oeufs écrasées et cuites | oui | Bonne source de calcium, à condition de les broyer finement pour éviter le déclic de l'oophagie. |
| Viande et poisson cuits, en miettes | un peu | Tolérés en très petite quantité, jamais crus, jamais réguliers, et interdits s'ils sortent d'une cuisine (voir plus bas). |
| Fruits abîmés (pomme, melon, raisin) | oui | Très appréciés. Pépins de pomme en quantité anecdotique, sans conséquence. |
| Épluchures de pomme de terre crues, parties vertes | non | Solanine. Toxique, y compris les germes et la peau verdie. |
| Avocat, peau et noyau | non | La persine est toxique pour les oiseaux, y compris à faible dose. |
| Aliments salés : chips, charcuterie, plats préparés | non | Le rein de la poule tolère très mal le sel. C'est l'erreur la plus fréquente. |
| Moisi, fermenté, périmé | non | Mycotoxines. Ce qui n'est plus mangeable pour vous ne l'est pas davantage pour elles. |
| Chocolat, café, marc de café | non | Théobromine et caféine, toxiques pour les oiseaux. |
| Oignon et poireau en grande quantité | un peu | En petite quantité dans un reste, sans conséquence. En plat entier, risque d'anémie. |
| Agrumes en quantité | un peu | Mal appréciés et acidifiants. Un quartier ne pose pas de problème, un sac d'épluchures oui. |
La liste complète, avec les aliments du jardin et les plantes toxiques, figure sur la page aliments autorisés et interdits.
Dans l'Union européenne, nourrir des animaux d'élevage avec des déchets de cuisine et de table est interdit par le règlement (CE) n° 1069/2009 sur les sous-produits animaux, article 11. La règle date du début des années 2000, après l'épizootie de fièvre aphteuse de 2001, et vise la transmission de maladies par des restes contenant de la viande. Les poules d'un poulailler familial comptent parmi les animaux d'élevage.
Le ministère de l'Agriculture admet une seule exception : le particulier qui nourrit sa propre basse-cour, pour sa consommation familiale, avec les restes de sa cuisine. Elle ne couvre ni les restes d'un restaurant ou d'une cantine, ni une basse-cour dont les oeufs sont vendus. Le risque sanitaire, lui, vient surtout des restes contenant de la viande ou du poisson.
La règle prudente est simple : des épluchures, des légumes, des fruits, des féculents cuits, oui. Des restes d'assiette contenant de la viande, non. Et jamais rien issu d'un restaurant ou d'une cantine.
Les poules sont d'excellentes valorisatrices de déchets végétaux et le bilan écologique du geste est réel : une basse-cour familiale détourne plusieurs dizaines de kilos de biodéchets par an. Mais elle ne fonctionne pas comme un composteur vivant, et l'entrée « les poules mangent nos restes » a fait beaucoup de mal à beaucoup de poules.
La formule qui marche : une mangeoire d'aliment complet en libre-service, et les restes végétaux en fin de journée, en petite quantité, comme un supplément et une occupation. Dans ce cadre, tout le monde y gagne.
Non. Aucun mélange de restes ne réunit le taux de protéines, le calcium et les acides aminés nécessaires à la ponte. Les restes doivent rester un complément d'environ 10 % de la ration, le reste étant un aliment complet disponible à volonté.
Une quinzaine de grammes, soit environ une petite poignée par poule. Le repère pratique : une quantité que le groupe termine en une dizaine de minutes. Ce qui reste au sol après une demi-heure était en trop et attirera les rongeurs.
Ce n'est pas toxique, mais c'est très pauvre et gonflant, et le sel qu'il contient n'est pas anodin en quantité. Un morceau de pain rassis humidifié de temps en temps ne pose aucun problème ; en distribution régulière, il engraisse les poules et fait baisser la ponte.
Une poule est omnivore et mange spontanément vers de terre, limaces et insectes. Quelques miettes de viande cuite ne lui feront rien. Mais les restes contenant de la viande sont précisément ceux que la réglementation européenne interdit en élevage, pour des raisons sanitaires : mieux vaut s'abstenir, surtout si vous partagez vos oeufs.
Les épluchures de pommes de terre crues et toute partie verdie, l'avocat, le chocolat et le café, tout ce qui est salé, et tout ce qui est moisi ou fermenté. L'oignon en grande quantité et les agrumes en excès sont à éviter sans être des poisons foudroyants.
Pas nécessaire pour les épluchures et légumes crus, qui sont même préférables ainsi. La cuisson est en revanche indispensable pour les féculents comme le riz ou les pâtes, et pour la pomme de terre, dont la solanine ne disparaît qu'en partie à la cuisson : le plus simple reste de ne pas en donner.