Le guide complet pour élever ses poules de basse-cour, sans bla-bla
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Les poules en hiver

Une poule porte un manteau de huit mille plumes et vit à 41 °C. Le froid sec ne l'inquiète pas. Ce qui la met en difficulté, c'est l'humidité, et le premier réflexe de la plupart des propriétaires, calfeutrer le poulailler, est exactement ce qui l'aggrave.

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L'humidité est plus dangereuse que le froid

Une poule tient sans difficulté des températures de moins dix à moins quinze degrés, à condition d'être au sec et à l'abri des courants d'air. Son plumage emprisonne une couche d'air isolante qu'elle épaissit en se gonflant. Ce système fonctionne remarquablement bien, et il a une faiblesse unique : il ne supporte pas d'être mouillé. Des plumes humides ne retiennent plus l'air, et l'isolation s'effondre.

Or un poulailler fermé produit énormément d'humidité. Une poule rejette de la vapeur d'eau en respirant, et ses fientes en contiennent environ 75 %. Six poules enfermées dans un abri étanche pendant quatorze heures de nuit y déposent l'équivalent de plusieurs verres d'eau, qui se condense sur les parois froides et retombe sur la litière. Le lendemain matin, tout est humide, et les poules ont plus froid dans leur abri qu'elles n'en auraient eu dehors.

litière profonde, 15 à 20 cm perchoir plat, 5 cm de large Ouvertures hautes l'humidité s'échappe Aucune ouverture ici un courant d'air à cette hauteur mouille et refroidit les poules L'air humide monte : il faut le laisser sortir au-dessus des poules, jamais à leur hauteur.

Le principe : ventiler en haut, calfeutrer en bas. Deux ouvertures grillagées sous l'avancée du toit, aux deux extrémités, laissent l'air humide s'échapper sans créer le moindre souffle à hauteur de perchoir.

Deux poules face à face dans la neige
Le froid sec ne pose aucun problème. Ces poules sortent volontiers dans la neige et rentreront dans un abri dont la qualité se juge à sa sécheresse, pas à sa température.

Toutes les poules ne sont pas égales

La différence ne se joue pas sur la taille mais sur la crête. Une crête simple et haute est un radiateur très irrigué, mal protégé, qui gèle en premier. Les races rustiques du froid ont presque toutes une crête basse, frisée ou en pois, un trait sélectionné pour résister au gel.

Résistance aux gelures selon le type de crête, notée sur 10.
Type de crêteRésistanceCe qui se passe
Crête simple haute
Leghorn, Minorque
3/10
La plus exposée aux gelures. Les pointes noircissent et tombent en dessous de -8 °C par temps humide.
Crête simple moyenne
Sussex, Marans, Rhode Island
6/10
Risque modéré. Une gelure superficielle des pointes reste possible lors d'un épisode long.
Crête frisée ou en rose
Wyandotte, Hambourg
9/10
Basse et compacte, elle ne gèle pratiquement jamais. C'est le caractère qui fait les races rustiques du froid.
Crête en pois ou petite
Brahma, Araucana
9/10
Idem, avec en prime un plumage dense et souvent des pattes emplumées.

Une gelure de crête se reconnaît à des pointes qui virent au blanc puis au noir, avant de se nécroser et de tomber. Ce n'est pas mortel et la poule s'en remet, mais c'est douloureux et cela laisse des séquelles. Si vous vivez dans une région à hivers rigoureux, le choix se fait à l'achat : voyez nos races rustiques du froid. Enduire les crêtes de vaseline est souvent conseillé et l'efficacité en est discutée ; l'assèchement du poulailler donne des résultats bien plus nets.

La litière profonde

C'est la méthode la plus efficace pour passer l'hiver, et elle demande moins de travail que le nettoyage hebdomadaire. Le principe consiste à laisser s'accumuler quinze à vingt centimètres de copeaux et de paille, en ajoutant une couche fraîche par-dessus à mesure que ça se salit, plutôt qu'en vidant tout. Les fientes se mélangent au carbone du bois et fermentent lentement, ce qui produit une chaleur douce et continue et transforme le tout en compost.

Les quatre réflexes d'hiver à éviter

La checklist de novembre

  1. Vérifiez la ventilation haute

    Deux ouvertures grillagées sous le débord du toit, aux extrémités opposées, d'une surface totale d'environ un pour cent du plancher. Bouchez en revanche tout ce qui souffle à hauteur de perchoir.

  2. Passez le perchoir en plat

    Une planche de cinq centimètres de large, posée à plat, permet à la poule de couvrir entièrement ses pattes avec son ventre quand elle se pose. Un rondin étroit laisse les doigts exposés, et c'est là que surviennent les gelures des orteils.

  3. Installez la litière profonde15 à 20 cm

    Copeaux dépoussiérés en base, paille par-dessus. Prévoyez de quoi recharger tout l'hiver, en couches successives.

  4. Doublez la surveillance de l'eau

    C'est le poste critique. Une journée sans eau arrête la ponte pour une à deux semaines. Deux passages par jour avec de l'eau tempérée, et un abreuvoir posé au soleil plutôt qu'à l'ombre.

  5. Remontez la ration+20 à 30 %

    De 120 g à 150 g par poule, avec une poignée de céréales en fin d'après-midi. La digestion nocturne produit de la chaleur au moment où la température tombe. Le détail dans nourrir selon la saison.

  6. Dégagez un coin abrité dehors

    Une bâche tendue, un côté de l'enclos protégé du vent, un sol paillé. Des poules qui peuvent sortir sans se mouiller passent l'hiver bien mieux que des poules confinées.

Questions fréquentes

Faut-il chauffer le poulailler en hiver ?

Non, et c'est même déconseillé. Une poule supporte sans peine moins dix à moins quinze degrés au sec. Chauffer présente trois inconvénients : un vrai risque d'incendie avec une lampe dans un local poussiéreux, une perte d'acclimatation qui rend les poules vulnérables à la moindre panne, et une augmentation de l'humidité de l'air, qui est le vrai danger dans un poulailler d'hiver.

Jusqu'à quelle température une poule résiste-t-elle ?

Une poule de race adulte tient couramment jusqu'à moins quinze degrés si l'abri est sec et sans courant d'air. La limite ne vient pas du corps, bien protégé par le plumage, mais des extrémités : crête, barbillons et doigts, qui peuvent geler. Les races à crête simple haute sont les plus exposées, dès moins huit par temps humide.

Faut-il boucher les aérations du poulailler ?

Surtout pas les hautes. Le principe est de ventiler en haut et de calfeutrer en bas : l'air humide et l'ammoniac montent et doivent pouvoir sortir au-dessus des poules, sans créer de souffle à hauteur de perchoir. Un poulailler entièrement fermé devient une chambre humide où les poules ont plus froid que dehors.

Faut-il s'inquiéter si mes poules ne pondent plus depuis novembre ?

Non, c'est le fonctionnement normal. Au centre de la France, la durée du jour passe sous onze heures vers le 14 octobre et ne repasse au-dessus que fin février : sans ce signal lumineux, l'ovaire se met en veille. La ponte reprendra d'elle-même début mars. Éclairer pour la relancer fonctionne mais épuise la poule plus tôt dans sa carrière.

Faut-il mettre de la vaseline sur les crêtes ?

C'est un conseil très répandu dont l'efficacité est discutée : le corps gras limite peut-être l'évaporation, mais il n'isole pas et n'empêche pas le gel du tissu. Les mesures qui font réellement la différence sont l'assèchement du poulailler, la suppression des courants d'air à hauteur de perchoir, et le choix de races à crête basse dans les régions froides.

Pour aller plus loin

Sources