Elle a l'air malade et elle se porte mieux que les autres. Un seul gène lui retire jusqu'à 40 % de son plumage, et cette apparente anomalie en fait la race la mieux armée pour les étés qui s'allongent.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Tout tient à un gène unique, noté Na, dominant mais à effet incomplet. Cela signifie qu'une seule copie produit déjà l'effet, et que deux copies l'amplifient. Concrètement :
Cette réduction ne se limite pas au cou, et c'est le point que les photos font manquer : le gène allège aussi le plumage du corps. La peau du cou, exposée, rougit au soleil et devient franchement écarlate chez un sujet en pleine forme, ce qui inquiète souvent les nouveaux propriétaires. C'est le signe d'une bonne vascularisation, pas d'une irritation.
Une poule ne transpire pas. Pour évacuer sa chaleur, elle dispose de deux voies : le halètement, coûteux et qui dérègle la fabrication des coquilles, et la dissipation par les zones peu emplumées, crête, barbillons et pattes. Le cou nu élargit considérablement cette seconde voie.
Ce profil explique un intérêt croissant pour la race. Sur les vingt-six du site, c'est celle qui encaisse le mieux les étés à trente-cinq degrés, et ce critère pesait beaucoup moins il y a vingt ans qu'aujourd'hui.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
Il serait réducteur de ramener cette race à sa particularité. La Cou Nu de Transylvanie, dont l'élevage est documenté en Transylvanie à la fin du dix-neuvième siècle, est avant tout une excellente poule de ferme à double fin.
Elle pond 150 à 180 oeufs bruns clairs par an, ce qui est correct, et donne une carcasse de bonne qualité. Sa note d'autonomie, 9 sur 10, la place parmi les meilleures fourrageuses : elle couvre son terrain, gratte en profondeur et trouve une part réelle de sa nourriture. Elle est calme, se laisse approcher, et ne domine pas les autres races du poulailler.
Un dernier avantage, plus terre à terre : à l'abattage, une poule qui a 40 % de plumes en moins se plume en beaucoup moins de temps.
La Cou Nu est une race sous-estimée qui mérite un regard neuf, en particulier dans le sud de la France et partout où les étés deviennent difficiles. Elle pond correctement, se débrouille seule, encaisse la chaleur mieux que toutes les autres et tient le froid sans problème. Son prix reste bas, entre 8 et 20 euros, ce qui est peu pour une race de patrimoine.
Le seul obstacle est esthétique, et il est réel : elle ne plaît pas à tout le monde, et il vaut mieux le savoir avant d'en installer trois dans un jardin très visible. Si l'apparence compte pour vous et que vous cherchez la résistance à la chaleur, la Leghorn s'en sort bien aussi grâce à sa grande crête, avec un caractère nettement plus difficile.
À cause d'un gène unique, noté Na, dominant à effet incomplet. Une seule copie dégarnit le cou en laissant une petite touffe sur la gorge et réduit le plumage total d'environ 20 % ; deux copies donnent un cou entièrement nu et une réduction d'environ 40 %. Ce n'est ni une maladie ni une carence, c'est le standard de la race.
Oui, très bien, et c'est contre-intuitif. Elle est notée 9 sur 10 sur ce critère : elle rentre son cou dans les plumes de sa poitrine comme le font les oiseaux sauvages, et compense largement. Sur des hivers français, dans un abri sec et sans courant d'air, elle ne pose aucune difficulté particulière.
Nettement. Une poule évacue sa chaleur par les zones peu emplumées et par le halètement, ce dernier faisant chuter la qualité des coquilles. Avec un cou nu et 40 % de plumes en moins, elle dissipe beaucoup mieux, halète plus tard et continue de manger quand les autres réduisent leur consommation. C'est la meilleure des vingt-six races du site sur ce point.
Pas nécessairement. Si vous croisez deux sujets ne portant qu'une seule copie du gène, un quart des poussins naîtra parfaitement emplumé, la moitié avec une touffe sur la gorge et un quart avec un cou entièrement nu. C'est une surprise fréquente chez les éleveurs qui reproduisent sans connaître le statut génétique de leurs reproducteurs.
150 à 180 par an, bruns clairs, d'environ 58 g. C'est un niveau correct pour une race à double fin, auquel s'ajoute une bonne carcasse et une autonomie remarquable au parcours. Elle ne rivalise pas avec une Sussex ou une Australorp sur le seul panier, mais elle produit dans des conditions où celles-ci décrochent.