C'est la meilleure pondeuse du monde et la poule qui a nourri l'industrie de l'oeuf blanc pendant un siècle. C'est aussi celle que nous déconseillons le plus souvent à un jardin familial, et pour des raisons qui n'ont rien à voir avec sa production.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Une Leghorn blanche de bonne souche pond 280 à 320 oeufs par an, et elle le fait en pesant 2 kg quand une Sussex en pèse 3,5. C'est cette combinaison qui explique sa domination mondiale : elle transforme l'aliment en oeuf mieux que n'importe quelle autre race pure. Toutes les souches industrielles d'oeuf blanc en descendent, et une bonne partie des hybrides bruns portent son sang.
Elle démarre aussi la plus tôt, entre 17 et 19 semaines, ce qui la place trois mois devant une Brahma. Elle ne couve pratiquement jamais, ce qui évite les deux mois de ponte perdus à chaque couvaison. Sur le seul critère du panier, aucune race du site ne l'approche.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
Leghorn est la déformation anglaise de Livorno, le port toscan d'où ces poules ont été exportées vers les États-Unis dans les années 1820. Les Américains ont écrit le nom comme ils l'entendaient, l'ont sélectionnée intensivement sur la ponte pendant un siècle, et l'ont réexportée vers l'Europe sous cette orthographe. C'est la raison pour laquelle on parle en France de Leghorn plutôt que de Livourne, alors que la race est italienne.
Cette histoire explique une différence pratique : il existe deux types de Leghorn. Le type américain, sélectionné sur la seule production, est le plus répandu et le plus productif. Le type européen ou allemand, plus proche de la Livourne d'origine, est un peu plus lourd, un peu moins prolifique et légèrement plus calme. Si vous tenez à la race malgré ses défauts, c'est ce second type qu'il faut chercher.
Il serait injuste de s'arrêter à ses inconvénients. Sur un grand terrain, la Leghorn est une excellente poule de plein air : elle parcourt des distances considérables, trouve seule une part importante de sa nourriture, repère les rapaces avant toutes les autres et donne l'alerte. Sa note d'autonomie au parcours, 9 sur 10, est parmi les meilleures.
Elle résiste également très bien à la chaleur, précisément à cause de cette grande crête qui la handicape l'hiver : elle évacue efficacement le surplus thermique. Dans le sud de la France, une Leghorn passera un été à trente-cinq degrés bien mieux qu'une Orpington emplumée jusqu'aux pattes.
Et son oeuf blanc pur a un intérêt qu'on oublie : dans un panier où se côtoient du chocolat de Marans et du bleu d'Araucana, c'est lui qui fait ressortir les autres. Une seule Leghorn suffit à cet usage.
Pour un jardin de lotissement avec quatre poules et des enfants, ne prenez pas de Leghorn. Vous obtiendrez plus d'oeufs qu'avec n'importe quelle autre race, et vous aurez des animaux que vous ne pourrez ni attraper ni garder derrière une clôture. Une Sussex ou une Australorp donnent 200 à 250 oeufs avec un caractère qui n'a rien à voir : la différence de production ne vaut pas la différence de confort.
Elle redevient un très bon choix dans trois situations : un grand terrain clos ou couvert, un climat chaud, ou une seule Leghorn intégrée à un groupe pour l'oeuf blanc. Et si votre objectif est vraiment le rendement maximal, l'ISA Brown pond autant avec un caractère bien plus facile, au prix d'une carrière plus courte.
280 à 320 par an pour une bonne souche, ce qui en fait la meilleure pondeuse des races pures. Elle démarre tôt, vers 17 semaines, et ne couve pratiquement jamais, ce qui évite les interruptions. Ses oeufs sont blanc pur et pèsent environ 58 g, un peu moins gros que ceux d'une grande race.
Nous le déconseillons. Elle est nerveuse, difficile à attraper, et elle franchit un grillage de 1,80 m sans élan : deux caractéristiques qui transforment chaque soin de routine en difficulté. Pour une première basse-cour, une Sussex ou une Orpington offrent une expérience sans commune mesure, avec une production tout à fait honorable.
Oui, dans la plupart des cas. Une clôture de 1,80 m ne suffit pas toujours à retenir une Leghorn adulte en forme. Un filet de volière tendu au-dessus de l'enclos règle le problème définitivement et protège en prime des rapaces, contre lesquels une race légère est plus exposée qu'une grande.
Moyennement, et le point faible est sa crête. Simple, haute et très découpée, elle expose des pointes fines qui gèlent dès moins huit degrés par temps humide. Le corps de la poule, lui, supporte le froid sans problème. En région froide, préférez une race à crête en rose comme la Wyandotte ou la Hambourg.
Parce qu'elle ne porte aucun des deux pigments de coquille : ni la protoporphyrine, qui donne les bruns, ni la biliverdine, qui donne les bleus. La coquille reste alors de la couleur naturelle du carbonate de calcium. C'est purement génétique, aucune alimentation ne peut la modifier, et cela n'a aucune influence sur le goût ni sur la valeur nutritive.