Un record vieux d'un siècle sert encore d'argument de vente pour cette race. Il mérite d'être raconté correctement, parce que ce qu'il dit vraiment est plus intéressant que le chiffre lui-même.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Entre 1922 et 1923, un lot de six Australorp établit en Australie une performance qui circule encore aujourd'hui : 1 857 oeufs à six, soit une moyenne de 309 par poule, la meilleure ayant atteint 364 oeufs en 365 jours. Le chiffre est authentique et il a été établi dans le cadre d'un concours officiel de ponte.
Le contexte de ce chiffre compte davantage que le chiffre. Ces poules ont pondu sans éclairage artificiel, sans aliment complet formulé, sans les acides aminés de synthèse ni les complexes vitaminiques qui font la performance des souches actuelles. Une pondeuse moderne fait mieux, mais elle le fait avec un siècle de nutrition et de sélection derrière elle. À conditions égales, la performance de 1922 reste extraordinaire, et elle explique pourquoi la race a été reprise partout.
Le corollaire pratique est moins glorieux : ne comptez pas sur 364 oeufs. Une Australorp de race donne aujourd'hui autour de 190 oeufs par an, et une bonne souche de ponte environ 250, ce qui place la race au niveau de la Sussex. Un vendeur qui vous annonce le record comme une performance courante vend du folklore.
L'Australorp descend directement de l'Orpington noire de William Cook, exportée en Australie à la fin du dix-neuvième siècle. Là-bas, les éleveurs ont fait un choix opposé à celui des Anglais : plutôt que de pousser vers le format massif et le plumage abondant recherchés en exposition, ils ont sélectionné sur la seule ponte. Le nom, contraction d'Australian Black Orpington, a été fixé dans les années 1920.
Le résultat est une poule qui a gardé le caractère de l'Orpington en perdant une partie de son volume. Elle pèse 2,5 à 3,5 kg contre 3 à 4,5, elle est plus active, elle démarre un peu plus tôt, et elle pond cinquante à cent oeufs de plus par an. C'est une des rares fois où une sélection productiviste n'a pas coûté le tempérament.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
C'est l'argument central de cette race, et il se lit dans les notes. Parmi les vingt-six races du site, quatre atteignent 9 ou 10 en ponte : l'ISA Brown, la Leghorn, la Sussex et l'Australorp. Leurs notes de docilité sont respectivement 9, 2, 8 et 8. La Leghorn est éliminée d'office pour un jardin familial. L'ISA Brown est un hybride qui ne tiendra pas huit ans. Restent la Sussex et l'Australorp, qui se départagent sur des détails.
| Critère | Australorp | Sussex | Ce qui les sépare |
|---|---|---|---|
| Ponte | 190 à 250 | 200 à 250 | Égalité |
| Résistance au froid | Très bonne | Excellente | Léger avantage Sussex, plumage plus dense |
| Chaleur | Moyenne | Bonne | Le plumage noir de l'Australorp chauffe au soleil d'été |
| Discrétion | Bonne | Moyenne | La Sussex est plus bavarde après la ponte |
| Instinct couveur | Faible | Faible | Égalité, c'est un avantage si vous voulez des oeufs |
| Disponibilité en France | Moyenne | Excellente | Le vrai point faible de l'Australorp chez nous |
Le noir de l'Australorp mérite une remarque pratique : c'est un plumage magnifique, aux reflets vert bouteille sur un beau sujet, et il absorbe la chaleur. Dans le sud de la France, prévoyez de l'ombre en permanence sur le parcours, faute de quoi elle passera ses après-midi d'été à haleter, ce qui fait chuter la ponte et amincit les coquilles.
Si nous ne devions garder qu'une race pure de production pour un jardin familial, ce serait l'Australorp. Elle réunit ce que la plupart des gens cherchent sans le formuler : un panier bien rempli, un caractère facile, une vraie longévité, et pas de gestion de couvaison. Elle fait presque aussi bien qu'une hybride la première année et beaucoup mieux sur huit ans.
Son seul vrai défaut en France est sa disponibilité : elle reste moins courante que la Sussex, et il faut souvent passer par un éleveur de race ou une bourse aux volailles. Si vous n'en trouvez pas, la Sussex est le substitut le plus proche, avec un avantage sur la chaleur et un léger inconvénient sur le bruit.
| Repère | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| 190 à 250 oeufs | À égalité avec la Sussex, parmi les meilleures pondeuses de race pure. |
| 8 sur 10 en rusticité | Elle traverse l'hiver sans perte de poids ni aménagement. |
| 4 sur 10 en couvaison | Assez pour élever une couvée si on la laisse faire, pas assez pour gêner. |
Oui, il a été établi lors d'un concours officiel de ponte en Australie en 1922-1923, sur un lot de six poules dont la meilleure a atteint 364 oeufs en 365 jours. Le contexte compte autant que le chiffre : c'était sans éclairage artificiel ni aliment complet moderne. Ne comptez pas le reproduire chez vous : une bonne Australorp donne aujourd'hui de 190 à 250 oeufs par an.
L'Australorp descend de l'Orpington noire, exportée en Australie puis sélectionnée sur la seule ponte plutôt que sur le format d'exposition. Elle est plus légère, plus active, un peu plus précoce, et pond cinquante à cent oeufs de plus par an. Le caractère facile de l'Orpington a été conservé, ce qui est rare dans une sélection productiviste.
Moyennement, à cause de son plumage noir qui absorbe le rayonnement. Dans le sud, prévoyez de l'ombre permanente sur le parcours et de l'eau fraîche renouvelée deux fois par jour. Une poule qui halète mange moins, pond moins et produit des coquilles plus fines : le problème est réel mais entièrement réglé par un peu d'ombre.
Très bien. Calme, docile, rustique, peu volante, sans aménagement particulier à prévoir, et productive dès la première année. Elle couve peu, ce qui évite d'avoir à gérer des couvaisons quand on débute. La seule difficulté est de s'en procurer, la race restant moins répandue en France que la Sussex.
Chez les éleveurs de race et dans les bourses aux volailles plutôt qu'en jardinerie, où elle est rare. Les clubs avicoles départementaux tiennent des listes d'éleveurs. Comptez 10 à 25 € pour une poulette. Vérifiez le plumage : un beau sujet est d'un noir profond avec des reflets vert bouteille au soleil, jamais brunâtre.