C'est la race qu'on recommande à tout le monde, et c'est presque toujours le bon conseil. Sa douceur est voulue : elle a été sélectionnée pour cela il y a cent quarante ans, par un homme qui voulait une poule de jardin de ville.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
William Cook était employé de bureau à Orpington, dans le Kent, et aviculteur amateur le soir. En 1886, il présente au Crystal Palace une poule noire de sa création, obtenue à partir de Minorque, de Plymouth Rock et de Langshan. Son cahier des charges n'était pas celui d'un éleveur professionnel : il visait la classe moyenne anglaise qui s'installait alors dans les faubourgs, avec un jardin clos de quelques dizaines de mètres carrés et des enfants autour.
D'où trois choix de sélection qui font encore l'Orpington d'aujourd'hui. Un plumage noir, parce qu'il ne montre pas la suie des villes industrielles. Une poule qui pond correctement l'hiver, quand les autres s'arrêtent. Et surtout un tempérament placide, parce qu'une poule qui panique dans un petit enclos devient invivable. Le succès fut immédiat et il ne s'est jamais démenti : cent quarante ans plus tard, la même race répond au même besoin.
Sur les six critères que nous notons pour les vingt-six races du site, l'Orpington fait partie des quatre races à obtenir 10 en docilité, avec la Brahma, la poule de Soie et la Serama. Concrètement, elle se laisse porter sans se débattre, elle vient chercher la main, elle supporte d'être manipulée par un enfant de six ans. Dans un groupe, elle ne cherche jamais le conflit et se retrouve souvent en bas de hiérarchie sans en souffrir.
Cette placidité a une contrepartie qu'il faut connaître : c'est aussi une poule lente et peu curieuse. Elle ne fouille pas beaucoup, elle ne s'éloigne pas, elle passe une bonne partie de la journée posée. Si vous comptiez sur vos poules pour nettoyer un grand terrain de limaces et d'herbes folles, ce n'est pas elle qu'il faut : une Welsummer ou une Gauloise dorée abattent trois fois plus de travail sur la même surface.
L'Orpington est enveloppée d'un duvet très abondant, qui lui donne sa silhouette de boule et lui vaut son excellente résistance au froid. Le même duvet devient un handicap dès que le sol est détrempé : il retient l'eau et la boue, sèche lentement, et un plumage humide en permanence n'isole plus rien.
La conséquence pratique se joue sur le parcours plus que sur le poulailler. Un enclos qui se transforme en bourbier de novembre à mars posera à l'Orpington des problèmes qu'une race à plumage serré ne connaîtra pas : plumes du ventre agglutinées, refroidissement, parfois des soucis de peau. Prévoyez une zone couverte et paillée, ou un sol drainant sur une partie de l'enclos. C'est le seul vrai point d'attention de cette race.
Deuxième conséquence, moins grave mais plus sournoise : sous ce duvet, on ne voit pas l'état de la poule. Un amaigrissement passe totalement inaperçu. Prenez-la en main une fois par mois et palpez le bréchet, comme décrit dans notre page sur les signes d'une poule malade.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
Une Orpington adulte pèse 3 à 4,5 kg, contre 2 kg pour une ISA Brown. Elle consomme en proportion, soit environ 140 à 150 g d'aliment par jour contre 110 à 120 g, pour une ponte inférieure d'un tiers. Rapporté à l'oeuf produit, l'Orpington coûte à peu près deux fois plus cher à nourrir qu'une pondeuse spécialisée.
C'est un arbitrage à faire les yeux ouverts. Vous payez ce surcoût pour un animal docile, beau, rustique, qui vivra huit à dix ans plutôt que quatre. Si l'objectif est le panier d'oeufs au meilleur coût, il faut regarder ailleurs ; si l'objectif est une basse-cour agréable dans un jardin familial, l'écart n'a aucune importance.
Le standard reconnaît une longue liste de coloris, mais quatre couvrent l'essentiel de ce que vous trouverez en France.
| Coloris | Disponibilité | Prix courant | Remarque |
|---|---|---|---|
| Chamois (buff) | Très répandu | 10 à 20 € | Le classique doré. On le trouve partout, et c'est souvent le plus productif. |
| Noir | Répandu | 12 à 25 € | Le coloris d'origine de 1886, avec des reflets verts sur un beau sujet. |
| Blanc | Moins courant | 15 à 30 € | Superbe, mais salissant sur un parcours boueux. |
| Lavande | Rare | 30 à 60 € | Mutation récente, gris perle, très demandée. Méfiez-vous des sujets vendus lavande qui sont en réalité bleus. |
La différence entre bleu et lavande explique bien des déceptions. Le bleu est produit par un gène à effet incomplet : croiser deux bleus donne un quart de noirs, la moitié de bleus et un quart de blancs sablés. Le lavande est récessif et se transmet de façon stable : deux lavandes donnent cent pour cent de lavandes. Si vous achetez pour reproduire, la nuance change tout.
Si vous nous demandez quelle race prendre pour quatre poules dans un jardin familial, sans autre précision, la réponse est l'Orpington ou la Sussex. L'Orpington si vous privilégiez le caractère et vivez au frais, la Sussex si vous voulez cinquante à cent oeufs de plus par an et par poule.
Un mot sur l'achat : cette race est très demandée, donc très vendue sous une étiquette approximative. Une vraie Orpington est massive et basse sur pattes, avec un dos court et large et un plumage qui déborde. Une poule chamois haute sur pattes et sèche n'est pas une Orpington, quel que soit le prix affiché. Demandez à voir les parents.
Correcte sans plus : 170 à 200 oeufs par an, un peu au-dessus de la moyenne des races de jardin mais très loin d'une pondeuse spécialisée qui dépasse 280. Elle a en revanche deux qualités que les pondeuses n'ont pas : elle continue souvent à pondre un peu en hiver, et elle tient huit à dix ans là où une hybride s'épuise en quatre.
C'est la race que nous conseillons en priorité dans ce cas. Elle se laisse porter sans se débattre, ne picore pas, et sa lenteur naturelle évite les courses-poursuites dans le jardin. Montrez tout de même aux enfants comment la tenir, une main sous le ventre et l'autre sur le dos, et rappelez qu'une poule en mue n'aime pas être touchée.
Mieux que la plupart des grandes races, parce qu'elle est peu active et ne cherche pas à s'éloigner. Comptez tout de même 4 m² d'enclos par poule et un perchoir bas, à 40 ou 50 cm : son poids rend les descentes de haut brutales pour ses pattes. Elle ne vole pratiquement pas, une clôture de 1,20 m la retient.
Régulièrement, une à deux fois par saison, et c'est une excellente mère. Si vous voulez des poussins, c'est un atout ; si vous voulez des oeufs, chaque couvaison vous coûte deux mois de ponte. Notre page sur la poule qui couve explique comment casser proprement une couvaison en cinq jours.
L'Australorp descend directement de l'Orpington noire, exportée en Australie puis sélectionnée là-bas sur la seule ponte. Résultat : même origine, même caractère facile, mais jusqu'à 250 oeufs par an pour une bonne souche contre 170 à 200, pour une poule un peu plus légère et plus active. Si le caractère prime, prenez l'Orpington ; si vous voulez le meilleur des deux mondes, l'Australorp est difficile à battre.