Grande pondeuse rustique, calme et facile à apprivoiser. L'une des races les plus recommandées pour débuter l'élevage amateur.
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Scores de la race
La Sussex est une race anglaise créée dans le comté du même nom, sélectionnée depuis au moins le XIXe siècle pour ses qualités de pondeuse et sa valeur à la table. Elle figure encore aujourd'hui parmi les races les plus élevées en basse-cour amateur, et pour de bonnes raisons : elle produit beaucoup, tolère tous les climats britanniques (et donc français), et reste d'un caractère agréable même avec les enfants. C'est typiquement la première poule que nous recommandons à quelqu'un qui n'a jamais tenu de basse-cour : elle pardonne les erreurs de débutant et donne des résultats vite visibles dans le pondoir.
Si vous hésitez encore sur la race par laquelle commencer, notre sélection des races de poules pour débutants la place systématiquement dans le trio de tête, aux côtés de l'Orpington et de la Marans.
La Sussex est l'une des plus anciennes races britanniques encore élevées aujourd'hui. Des volailles décrites comme « Old Sussex » ou « Kent Fowl » étaient déjà présentées au tout premier concours avicole de Londres, au milieu du XIXe siècle. À l'époque, ces poules fermières du sud-est de l'Angleterre alimentaient les marchés londoniens en chair blanche, très prisée. La race telle qu'on la connaît est née du croisement de ces poules de ferme locales avec du sang de Brahma et de Dorking, deux apports qui lui ont donné son gabarit et sa qualité de table.
Le standard de la race a été fixé au tout début du XXe siècle, d'abord autour de trois variétés : la mouchetée (la plus ancienne), la rouge et l'herminée. Les Anglais la considèrent comme un fleuron de leur aviculture, et un club de race lui est dédié depuis plus d'un siècle. Cette longue sélection explique sa régularité : on ne tombe pas sur une Sussex « ratée », le travail de fond a été fait par des générations d'éleveurs.
La Sussex a une silhouette reconnaissable : un corps long, large et rectangulaire, un dos plat, une poitrine pleine et bien charnue, des épaules larges et une queue portée à environ 45 degrés. C'est une poule de bonne taille, ni perchée sur pattes ni excessivement emplumée comme l'Orpington. La crête est simple (droite et dentelée), les oreillons rouges, la peau et les pattes blanches dans tous les coloris, ce qui est un marqueur de la race. Le coq dépasse 4 kg, la poule tourne autour de 3 à 3,5 kg : on est bien sur une grande race standard, pas sur un format léger.
Côté plumage, la palette est large. Voici les coloris que l'on rencontre le plus souvent :
| Variété | Aspect | Disponibilité en France |
|---|---|---|
| Herminée (light) | Corps blanc, camail et queue noirs liserés | La plus courante |
| Tricolore / mouchetée (speckled) | Acajou ponctué de blanc et noir, très décorative | Fréquente |
| Blanche | Entièrement blanche | Assez courante |
| Fauve (buff) | Robe fauve uniforme, points noirs au camail | Plus rare |
| Rouge | Acajou soutenu, queue noire | Plus rare |
| Argentée | Camail et faux-col argentés sur fond foncé | Rare |
L'herminée reste de loin la plus répandue dans les élevages amateurs français, suivie de la tricolore qui séduit pour son côté ornemental. Quelle que soit la couleur, les aptitudes (ponte, caractère, rusticité) sont identiques : le choix est purement esthétique.
Une Sussex en bonne santé produit entre 250 et 300 oeufs par an selon la souche et les conditions d'élevage. Attention toutefois : ce niveau correspond aux souches sélectionnées pour la ponte, celles que l'on trouve chez la plupart des éleveurs amateurs. Les lignées dites « d'exposition », sélectionnées avant tout sur le standard et le plumage, pondent souvent moins (de l'ordre de 180 à 220 oeufs). Quand on achète pour les oeufs, mieux vaut donc demander d'où vient la souche. Ses oeufs sont de taille moyenne à grande (55 à 65 g), de couleur allant de beige crème à brun clair. Elle a tendance à maintenir une bonne production pendant 3 à 4 ans, ce qui est supérieur à beaucoup de races.
Un point que nous apprécions particulièrement : la Sussex tient correctement la ponte en hiver. Elle ne s'arrête pas net comme certaines races méditerranéennes dès les premiers froids. Sans éclairage artificiel elle ralentit, c'est normal, mais une jeune poule de première ou deuxième année continue souvent à donner quelques oeufs par semaine en plein hiver, ce qui en fait une pondeuse rassurante toute l'année.
Son instinct de couvaison est modéré à faible : elle peut devenir couveuse, mais c'est moins fréquent que chez les Orpington ou les Cochin. Ce qui fait d'elle une pondeuse plus régulière.
La Sussex est une race calme, curieuse et facile à apprivoiser. Elle s'intègre bien dans un groupe mixte et ne cherche pas à dominer. Sa curiosité naturelle fait qu'elle s'approche facilement de l'éleveur, surtout si elle est habituée dès la poussinière. Elle s'entend généralement bien avec les enfants.
Elle est active et aime gratter le sol à la recherche d'insectes et de vers. Un enclos herbeux lui convient parfaitement, mais elle s'adapte aussi à un enclos nu si la surface est suffisante.
Comme toutes les grandes pondeuses, la Sussex a besoin d'un apport en calcium suffisant pour maintenir la qualité de ses coquilles. Proposez-lui des coquilles d'huîtres broyées en libre service, en plus de ses granulés de poules pondeuses (16 à 18% de protéines).
Sa consommation moyenne est de 130 à 140 g de granulés par jour. Elle apprécie les compléments : légumes cuits, grains entiers (blé, maïs en hiver pour l'apport calorique), et vers de farine comme friandise.
Prévoyez au minimum 0,25 m² de poulailler par poule pour la nuit, et 3 à 4 m² d'enclos extérieur. Pour un élevage confortable sans risque de picage, visez plutôt 6 à 8 m² d'enclos par poule. La Sussex n'est pas une grande voleuse : un grillage de 1,50 m de hauteur suffit généralement.
La Sussex est une race saine et robuste. Elle résiste bien au froid et même à des températures négatives si elle est logée dans un poulailler sec et bien ventilé (sans courant d'air). Elle est sensible comme toutes les races aux poux rouges (Dermanyssus gallinae), avec des traitements préventifs recommandés en été.
Sa crête droite peut, dans les régions avec des froids intenses (en dessous de -15°C), souffrir de gelures aux pointes. Dans ces cas, une crête "rose" (aplatie) serait préférable, mais en France métropolitaine ce n'est généralement pas un problème.
La Sussex est la race idéale pour le débutant qui cherche une bonne pondeuse facile. Elle convient aussi à l'éleveur confirmé qui veut une race fiable en mélange avec d'autres. Si vous avez un jardin de taille normale (50 à 200 m²) et que vous voulez des oeufs réguliers avec un minimum de contraintes, la Sussex est un excellent choix.
Elle est moins adaptée aux espaces très petits (moins de 20 m² d'enclos pour 3-4 poules) où les races naines seraient plus pertinentes.
Si la Sussex est aujourd'hui surtout élevée pour ses oeufs, il ne faut pas oublier qu'elle a d'abord été créée comme poule de table. Sa peau blanche et sa chair ferme étaient réputées sur les marchés londoniens. Concrètement, pour l'éleveur familial, cela veut dire qu'un coq ou des poules de réforme représentent une vraie volaille à cuisiner, contrairement aux pondeuses industrielles trop maigres. C'est une race « zéro gâchis » : elle remplit le pondoir pendant des années, puis termine en bonne volaille fermière.
En parcours, c'est une poule sérieuse qui exploite bien le terrain. Elle gratte, chasse les insectes et tond l'herbe avec entrain, ce qui réduit la facture de granulés en belle saison. Elle est rustique au sens premier du terme : elle supporte la pluie, le vent et le froid sans broncher, à condition d'avoir un abri sec. Rien à voir avec une race fragile que l'on doit dorloter. Pour qui débute, cette robustesse est un vrai filet de sécurité.
Ces trois races reviennent sans cesse dans les choix de débutants, et pour cause : ce sont toutes les trois d'excellentes poules de basse-cour. Mais elles ne visent pas tout à fait le même profil d'éleveur. Voici comment nous les départageons honnêtement.
| Critère | Sussex | Orpington | Rhode Island Red |
|---|---|---|---|
| Ponte annuelle | 250 à 300 | 180 à 200 | 250 à 280 |
| Caractère | Calme et curieuse | Très douce, pot de colle | Active, autonome |
| Rusticité au froid | Excellente | Excellente | Très bonne |
| Aptitude chair | Très bonne | Bonne (volume) | Correcte |
| Tendance à couver | Modérée | Forte | Faible |
L'Orpington est encore plus douce et câline que la Sussex, mais elle pond nettement moins et couve souvent : c'est la poule « peluche » par excellence, parfaite si le côté affectif prime sur le rendement. La Rhode Island Red pond autant que la Sussex et reste très robuste, mais elle est plus indépendante, voire un peu plus dominante dans un groupe. Notre verdict : pour une famille avec enfants qui veut beaucoup d'oeufs ET une poule facile à manipuler, la Sussex est le meilleur compromis des trois. Pour des câlins avant tout, l'Orpington ; pour un caractère plus vif et autonome, la Rhode Island.
La Sussex est une race répandue, donc facile à se procurer et raisonnable en prix. Comptez environ 8 à 12 euros pour un poussin, 15 à 25 euros pour une poulette de quelques semaines, et 20 à 35 euros pour une poule « prête à pondre » (4 à 5 mois). Les coloris classiques comme l'herminée sont les plus abordables ; les variétés rares (argentée, fauve) ou les sujets issus de lignées d'exposition peuvent grimper davantage.
Privilégiez toujours un sujet vif, à l'oeil brillant et au plumage net. Une jeune Sussex bien née vous accompagnera facilement cinq à six ans, dont trois à quatre années de bonne ponte.