La plupart des gens qui achètent « une poule rousse » achètent en réalité l'une de ses arrière-petites-filles hybrides. La différence ne se voit pas le premier jour, elle se voit à la troisième année.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Créée dans le Rhode Island à partir de volailles asiatiques et de Cochinchine importées vers 1850, reconnue au standard américain en 1904, la Rhode Island Red a été la poule de production dominante de la première moitié du vingtième siècle. Puis l'aviculture est passée aux hybrides, et c'est là que son histoire devient intéressante : elle n'a pas été remplacée, elle a été utilisée comme matériau.
La quasi-totalité des souches commerciales d'oeuf brun, ISA Brown comprise, descendent d'un croisement dont la Rhode Island fournit le côté mâle. La raison est génétique et parfaitement pratique : le coloris doré qu'elle transmet est porté par le chromosome sexuel, ce qui permet de trier les poussins mâles et femelles à l'éclosion, à la couleur du duvet. Les femelles sortent rousses, les mâles blanc crème. Cette astuce a fait la fortune des couvoirs et fait que la Rhode Island est présente, en filigrane, dans presque tous les poulaillers de France.
Aucune des deux n'est un mauvais choix, mais ce ne sont pas les mêmes projets. L'hybride est une poule de production sur trois ans ; la race est une poule de basse-cour sur huit ans, qu'on peut faire reproduire. Le problème tient à l'étiquette : beaucoup de vendeurs annoncent « Rhode Island » ce qui est une rousse commerciale, et la déception arrive deux ans plus tard.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
La Rhode Island est active, curieuse et autonome. Elle parcourt son terrain, gratte beaucoup, trouve une part réelle de sa nourriture et se débrouille remarquablement bien en plein air. Sa note d'autonomie, 9 sur 10, la place parmi les meilleures fourrageuses du site.
En revanche, elle n'est pas câline et n'a pas vocation à l'être. Elle tolère la manipulation sans l'apprécier, et dans un groupe mixte elle prend souvent le dessus : ce n'est pas une brute, mais elle mange en premier et occupe le meilleur perchoir. Associée à des races très douces comme la Faverolles ou l'Orpington, elle peut les reléguer durablement. Prévoyez alors deux mangeoires espacées et hors de vue l'une de l'autre.
Les coqs de la race ont par ailleurs une réputation solide d'agressivité, plus marquée que la moyenne. Si vous envisagez un coq, ce n'est pas dans cette race qu'il faut le chercher.
La Rhode Island Red est le meilleur compromis entre production et durée parmi les races pures. Elle pond presque autant qu'une hybride la première année et continue quand celle-ci s'est arrêtée. Sur huit ans, elle produit davantage d'oeufs qu'une rousse commerciale remplacée deux fois, pour un coût d'achat inférieur.
Elle ne convient pas si votre enclos est petit, si vous voulez des poules à caresser, ou si vous avez déjà un groupe de races très douces qu'elle risque de dominer. Dans ces trois cas, l'Australorp offre une production comparable avec un caractère nettement plus accommodant.
Non. La Rhode Island Red est une race pure reconnue en 1904 ; la « poule rousse » du commerce est un hybride commercial qui en descend, croisé pour une production maximale sur deux ans. L'hybride pond un peu plus au départ, la race tient beaucoup plus longtemps et se reproduit à l'identique. Une vraie Rhode Island est acajou très foncé avec la queue noire, l'hybride est plus claire avec du blanc dans la queue.
240 à 280 par an la première année, avec un déclin ensuite plus lent que chez les hybrides : elle pond encore correctement en quatrième année, quand une rousse commerciale a déjà nettement décroché. Ses oeufs sont bruns et pèsent environ 60 g.
Souvent, oui. Active et sûre d'elle, elle prend fréquemment le haut de la hiérarchie sans être agressive pour autant. Le problème se pose surtout avec des races très douces comme la Faverolles ou l'Orpington, qui peuvent se retrouver reléguées durablement. Deux mangeoires placées hors de vue l'une de l'autre suffisent en général à rétablir l'équilibre.
Mal. C'est une poule active qui a besoin de parcourir, et l'enfermement se traduit rapidement par du picage et de l'agitation. Comptez cinq mètres carrés de parcours par poule au minimum. Si votre espace est réduit, une Orpington ou une Pékin naine seront bien plus à l'aise.
Chez un éleveur de race, pas en jardinerie. Les clubs avicoles départementaux et les bourses aux volailles sont les meilleures pistes. Comptez 15 à 25 € pour une poulette, contre 5 à 15 € pour une rousse hybride : l'écart de prix correspond à ce que vous achetez réellement, une race reproductible qui vivra six à huit ans.