La plus haute race française, quasiment disparue dans les années 1970, remontée à partir d'une poignée de sujets par des éleveurs charentais. Elle demande beaucoup et rend beaucoup, mais elle n'a rien d'une poule de jardin ordinaire.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Le Barbezieux tire son nom de Barbezieux-Saint-Hilaire, en Charente, et il a connu son heure de gloire dans la première moitié du vingtième siècle, avec un standard fixé en 1907 et une réputation solide sur les tables parisiennes. Puis l'aviculture d'après-guerre est passée aux souches à croissance rapide, et une race qui demande cent dix jours pour être présentable n'avait plus sa place dans ce modèle.
Dans les années 1970, on comptait le cheptel en dizaines d'individus. La reconstruction a été menée par des éleveurs locaux à partir de ce qui restait, avec les difficultés que cela suppose : base génétique étroite, consanguinité à gérer, et longues années avant de retrouver un type stable. L'ASPOULBA, l'association de sauvegarde de la race, a été créée en 1997 pour structurer ce travail, et la production annuelle se compte aujourd'hui en milliers de sujets.
Ce contexte a une conséquence concrète pour l'acheteur : le cheptel reste restreint et la qualité des souches est inégale. Passer par un éleveur adhérent à l'association est la seule façon d'obtenir un sujet correctement typé et d'éviter les problèmes liés à une reproduction mal conduite.
Un coq Barbezieux atteint cinq kilos et dépasse soixante-dix centimètres au garrot. C'est la plus haute race française, et cette silhouette élancée, très différente de la masse d'une Brahma, va avec un tempérament actif : c'est une grande poule vive.
| Contrainte | Ce qu'il faut prévoir | Ce qui se passe sinon |
|---|---|---|
| Parcours | 10 m² par poule au minimum, herbeux, idéalement arboré | Agitation, picage, et une chair sans intérêt |
| Hauteur d'abri | Au moins 1,80 m sous plafond, perchoirs à 60-70 cm | Une crête qui frotte et se blesse au plafond |
| Clôture | 1,80 m, ou enclos couvert | Elle vole bien malgré sa taille et s'éloigne |
| Ration de croissance | Aliment complet à volonté jusqu'à 20 semaines | Une charpente mal construite, définitivement |
| Patience | 110 jours minimum pour un coquelet, 24 à 30 semaines pour le premier oeuf | Rien de grave, mais un budget alimentaire à assumer |
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
C'est le chiffre qui définit la race et qui explique sa marginalisation. Un poulet de chair industriel est abattu à trente-cinq ou quarante jours. Un Barbezieux commence à être intéressant à cent dix, et beaucoup d'éleveurs attendent cinq à six mois.
Cette lenteur est voulue. Une croissance lente permet au muscle de se développer avec du grain fin et du gras intramusculaire, ce qui donne le goût. Accélérer avec un aliment très riche produit une carcasse plus vite, plus grasse et sans intérêt gustatif : vous auriez payé le prix d'une race rare pour obtenir un poulet ordinaire.
La contrepartie est un budget. Cent dix jours à nourrir un animal qui grandit beaucoup, cela représente deux à trois fois l'aliment d'un poulet standard. C'est un choix assumé, celui d'une volaille de fête, pas d'une production courante.
150 à 170 oeufs blancs par an, d'un beau calibre de 65 g. C'est honnête pour une race à double fin, mais il faut le mettre en face du reste : dix mètres carrés de parcours et une consommation d'aliment de grande race. Rapporté à l'oeuf produit, le Barbezieux est l'une des races les plus coûteuses du site.
Elle rachète cela sur un point où elle est difficile à battre : son autonomie, notée 10 sur 10. Sur un grand parcours arboré, elle trouve une part considérable de sa nourriture, se déplace beaucoup, et débroussaille sérieusement. Sur un terrain de plusieurs milliers de mètres carrés, elle coûte beaucoup moins cher qu'il n'y paraît.
Le Barbezieux est une race de projet, pas une race de démarrage. Elle s'adresse à quelqu'un qui dispose d'un vrai terrain, qui s'intéresse à la volaille de chair et qui accepte d'attendre. Dans ces conditions, c'est l'une des plus belles races françaises, et la soutenir a du sens : le cheptel reste fragile.
Pour un premier poulailler dans un jardin de lotissement, ce serait une erreur : pas assez de place, une crête sensible au gel, un caractère vif et une ponte modeste. La Faverolles ou la Bresse Gauloise offrent une entrée dans les races françaises bien plus accessible. Et si vous vous lancez, achetez chez un éleveur de l'association : sur une race reconstruite à partir d'une base étroite, l'origine des sujets compte plus que le prix.
| Repère | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| 10 m² par poule | Le plus gros besoin d'espace des 26 races du site. |
| 10 sur 10 en autonomie | Une chercheuse hors pair, qui valorise réellement un grand parcours. |
| 1 sur 10 en petit espace | La race la plus mal adaptée à un enclos de jardin. |
Dix mètres carrés de parcours herbeux par poule au minimum, et davantage si vous le pouvez. C'est la race la plus exigeante du site sur ce point. En dessous, elle s'agite, le picage apparaît, et la qualité de chair qui fait tout son intérêt disparaît. Prévoyez aussi un abri d'au moins 1,80 m sous plafond, un coq de cette taille se cogne la crête dans un poulailler bas.
150 à 170 oeufs blancs par an, d'un beau calibre de 65 g. C'est correct pour une race à double fin, mais rapporté à ce qu'elle consomme et à la place qu'elle demande, elle reste l'une des races les plus coûteuses par oeuf produit. On ne l'élève pas pour le panier.
Parce que c'est la croissance lente qui fait le goût. Le muscle se développe avec un grain fin et du gras intramusculaire, ce qui demande du temps. Un aliment très riche accélérerait la prise de poids, mais donnerait une carcasse grasse et sans caractère : vous auriez payé une race rare pour obtenir un poulet ordinaire. Beaucoup d'éleveurs attendent d'ailleurs cinq à six mois.
Le corps, oui, sans difficulté. Le point faible est sa crête simple très développée et ses longs barbillons, qui gèlent dès moins huit degrés par temps humide, surtout chez le coq. Un abri sec, bien ventilé en hauteur et sans courant d'air à hauteur de perchoir suffit dans la plupart des régions. En zone très froide, une race à crête en rose sera plus tranquille.
Chez un éleveur adhérent à l'ASPOULBA, l'association de sauvegarde de la race créée en 1997. La raison est génétique : la race a été reconstruite à partir d'une base génétique très étroite, et la qualité des souches reste inégale. Comptez 20 à 60 € selon l'âge et l'origine, et n'attendez pas à demander comment la reproduction est conduite.