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Poule Barbezieux

La plus haute race française, quasiment disparue dans les années 1970, remontée à partir d'une poignée de sujets par des éleveurs charentais. Elle demande beaucoup et rend beaucoup, mais elle n'a rien d'une poule de jardin ordinaire.

Mis à jour le

Poule Barbezieux
Wikimedia Commons, CC BY-SA
5 kgPoids d'un coq adulte
10 m²De parcours par poule, au minimum
110 joursÂge plancher avant la table
10 /10Autonomie au parcours
Oeufs par an150 à 170
Calibre de l'oeuf65 g en moyenne
Couleur des oeufsBlanc
Poids adulte3 à 3,5 kg (poule), 4 à 5 kg (coq)
Premier oeuf24 à 30 semaines
Enclos conseillé10 m² par poule
OrigineCharente (1907)
Prix courant20 à 60 €
Signes distinctifsPlumage noir à reflets, crête et barbillons très développés
AssociationASPOULBA, créée en 1997

Profil de la race, comparé aux 26 races du site

Ponte
5/10
Rusticité au froid
7/10
Docilité
5/10
Autonomie au parcours
10/10
Instinct couveur
4/10
Supporte un petit espace
1/10

Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.

Une race qui revient de loin

Le Barbezieux tire son nom de Barbezieux-Saint-Hilaire, en Charente, et il a connu son heure de gloire dans la première moitié du vingtième siècle, avec un standard fixé en 1907 et une réputation solide sur les tables parisiennes. Puis l'aviculture d'après-guerre est passée aux souches à croissance rapide, et une race qui demande cent dix jours pour être présentable n'avait plus sa place dans ce modèle.

Dans les années 1970, on comptait le cheptel en dizaines d'individus. La reconstruction a été menée par des éleveurs locaux à partir de ce qui restait, avec les difficultés que cela suppose : base génétique étroite, consanguinité à gérer, et longues années avant de retrouver un type stable. L'ASPOULBA, l'association de sauvegarde de la race, a été créée en 1997 pour structurer ce travail, et la production annuelle se compte aujourd'hui en milliers de sujets.

Ce contexte a une conséquence concrète pour l'acheteur : le cheptel reste restreint et la qualité des souches est inégale. Passer par un éleveur adhérent à l'association est la seule façon d'obtenir un sujet correctement typé et d'éviter les problèmes liés à une reproduction mal conduite.

Un gabarit hors norme

Un coq Barbezieux atteint cinq kilos et dépasse soixante-dix centimètres au garrot. C'est la plus haute race française, et cette silhouette élancée, très différente de la masse d'une Brahma, va avec un tempérament actif : c'est une grande poule vive.

ContrainteCe qu'il faut prévoirCe qui se passe sinon
Parcours10 m² par poule au minimum, herbeux, idéalement arboréAgitation, picage, et une chair sans intérêt
Hauteur d'abriAu moins 1,80 m sous plafond, perchoirs à 60-70 cmUne crête qui frotte et se blesse au plafond
Clôture1,80 m, ou enclos couvertElle vole bien malgré sa taille et s'éloigne
Ration de croissanceAliment complet à volonté jusqu'à 20 semainesUne charpente mal construite, définitivement
Patience110 jours minimum pour un coquelet, 24 à 30 semaines pour le premier oeufRien de grave, mais un budget alimentaire à assumer
Comparateur

Barbezieux face à une autre race

Barbezieux contre Bresse Gauloise
150 à 170Oeufs par an180 à 200
65 gCalibre de l'oeuf60 g
BlancCouleur de coquilleBlanc crème
3 à 3,5 kgPoids de la poule2 à 2,5 kg
24 à 30 sem.Premier oeuf22 à 26 sem.
10 m² / pouleEnclos conseillé8 m² / poule
20 à 60 €Prix courant15 à 40 €
5
Ponte
6
7
Rusticité au froid
7
5
Docilité
6
10
Autonomie au parcours
10
4
Instinct couveur
5
1
Supporte un petit espace
2

Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.

Les cent dix jours ne sont pas une lubie

C'est le chiffre qui définit la race et qui explique sa marginalisation. Un poulet de chair industriel est abattu à trente-cinq ou quarante jours. Un Barbezieux commence à être intéressant à cent dix, et beaucoup d'éleveurs attendent cinq à six mois.

Cette lenteur est voulue. Une croissance lente permet au muscle de se développer avec du grain fin et du gras intramusculaire, ce qui donne le goût. Accélérer avec un aliment très riche produit une carcasse plus vite, plus grasse et sans intérêt gustatif : vous auriez payé le prix d'une race rare pour obtenir un poulet ordinaire.

La contrepartie est un budget. Cent dix jours à nourrir un animal qui grandit beaucoup, cela représente deux à trois fois l'aliment d'un poulet standard. C'est un choix assumé, celui d'une volaille de fête, pas d'une production courante.

Une crête qui demande de l'attention. La race porte une crête simple particulièrement développée, avec de longs barbillons. C'est une signature du standard et c'est aussi le point faible de l'animal en hiver : ces appendices fins et très irrigués gèlent dès moins huit degrés par temps humide, chez le coq plus encore que chez la poule. Un abri sec et bien ventilé, sans courant d'air à hauteur de perchoir, règle l'essentiel. En région froide, les races à crête basse sont un choix plus tranquille.

Une pondeuse moyenne

150 à 170 oeufs blancs par an, d'un beau calibre de 65 g. C'est honnête pour une race à double fin, mais il faut le mettre en face du reste : dix mètres carrés de parcours et une consommation d'aliment de grande race. Rapporté à l'oeuf produit, le Barbezieux est l'une des races les plus coûteuses du site.

Elle rachète cela sur un point où elle est difficile à battre : son autonomie, notée 10 sur 10. Sur un grand parcours arboré, elle trouve une part considérable de sa nourriture, se déplace beaucoup, et débroussaille sérieusement. Sur un terrain de plusieurs milliers de mètres carrés, elle coûte beaucoup moins cher qu'il n'y paraît.

Notre position

Le Barbezieux est une race de projet, pas une race de démarrage. Elle s'adresse à quelqu'un qui dispose d'un vrai terrain, qui s'intéresse à la volaille de chair et qui accepte d'attendre. Dans ces conditions, c'est l'une des plus belles races françaises, et la soutenir a du sens : le cheptel reste fragile.

Pour un premier poulailler dans un jardin de lotissement, ce serait une erreur : pas assez de place, une crête sensible au gel, un caractère vif et une ponte modeste. La Faverolles ou la Bresse Gauloise offrent une entrée dans les races françaises bien plus accessible. Et si vous vous lancez, achetez chez un éleveur de l'association : sur une race reconstruite à partir d'une base étroite, l'origine des sujets compte plus que le prix.

Sa taille en chiffres

Comparé aux 26 races du site.
RepèreCe que ça veut dire
10 m² par pouleLe plus gros besoin d'espace des 26 races du site.
10 sur 10 en autonomieUne chercheuse hors pair, qui valorise réellement un grand parcours.
1 sur 10 en petit espaceLa race la plus mal adaptée à un enclos de jardin.

Questions fréquentes

Quelle place faut-il pour des Barbezieux ?

Dix mètres carrés de parcours herbeux par poule au minimum, et davantage si vous le pouvez. C'est la race la plus exigeante du site sur ce point. En dessous, elle s'agite, le picage apparaît, et la qualité de chair qui fait tout son intérêt disparaît. Prévoyez aussi un abri d'au moins 1,80 m sous plafond, un coq de cette taille se cogne la crête dans un poulailler bas.

Combien d'oeufs pond-elle ?

150 à 170 oeufs blancs par an, d'un beau calibre de 65 g. C'est correct pour une race à double fin, mais rapporté à ce qu'elle consomme et à la place qu'elle demande, elle reste l'une des races les plus coûteuses par oeuf produit. On ne l'élève pas pour le panier.

Pourquoi faut-il attendre 110 jours ?

Parce que c'est la croissance lente qui fait le goût. Le muscle se développe avec un grain fin et du gras intramusculaire, ce qui demande du temps. Un aliment très riche accélérerait la prise de poids, mais donnerait une carcasse grasse et sans caractère : vous auriez payé une race rare pour obtenir un poulet ordinaire. Beaucoup d'éleveurs attendent d'ailleurs cinq à six mois.

Résiste-t-elle au froid ?

Le corps, oui, sans difficulté. Le point faible est sa crête simple très développée et ses longs barbillons, qui gèlent dès moins huit degrés par temps humide, surtout chez le coq. Un abri sec, bien ventilé en hauteur et sans courant d'air à hauteur de perchoir suffit dans la plupart des régions. En zone très froide, une race à crête en rose sera plus tranquille.

Où acheter des Barbezieux ?

Chez un éleveur adhérent à l'ASPOULBA, l'association de sauvegarde de la race créée en 1997. La raison est génétique : la race a été reconstruite à partir d'une base génétique très étroite, et la qualité des souches reste inégale. Comptez 20 à 60 € selon l'âge et l'origine, et n'attendez pas à demander comment la reproduction est conduite.

Pour aller plus loin

Sources