Elle a cinq doigts, une barbe, des favoris et le tempérament le plus pacifique de la basse-cour française. C'est précisément ce dernier point qui pose problème : dans un groupe mixte, elle se fait reléguer et personne ne prévient l'acheteur.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
La Faverolles est notée 9 sur 10 en docilité, et c'est ce qu'on met en avant partout. Ce que les fiches oublient de dire, c'est ce que cela produit dans un poulailler réel : une poule qui ne se défend pas, qui cède la mangeoire, qui abandonne le perchoir et qui recule quand on la bouscule.
Face à des races vives comme la Rhode Island Red, la Leghorn ou même une Marans déterminée, la Faverolles se retrouve durablement en bas de hiérarchie. Cela ne se voit pas en quelques heures : cela se voit à trois mois, quand elle a maigri, qu'elle mange en dernier ce qui reste et qu'elle dort au sol. Beaucoup de propriétaires en concluent qu'elle est fragile. Elle ne l'est pas, elle est mal accompagnée.
La Faverolles porte cinq doigts à chaque patte au lieu de quatre : le cinquième, appelé éperon ou doigt supplémentaire, est situé au-dessus du doigt postérieur et pointe vers le haut. C'est un caractère qu'elle partage avec la Poule de Soie, la Houdan et le Dorking, et c'est un critère de standard.
Pour l'éleveur amateur, ce détail a deux usages. Il permet d'abord de vérifier l'authenticité d'un sujet en dix secondes : une Faverolles à quatre doigts n'est pas une Faverolles pure. Il demande ensuite une surveillance : ce cinquième doigt, qui ne touche pas le sol, ne s'use pas naturellement. Son ongle pousse en continu et finit parfois par s'enrouler ou blesser la patte. Un contrôle deux fois par an, et un coup de coupe-ongles pour animaux si nécessaire, suffisent.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
La Faverolles vient du village de Faverolles, en Eure-et-Loir. Les éleveurs en publient une première description détaillée en 1898, et son standard définitif est arrêté en 1930. Elle a été construite dans un but précis : approvisionner le marché de La Villette, à Paris, en poulets de qualité. Les éleveurs locaux ont croisé des Houdan, des Brahma, des Dorking et des races locales pour obtenir une volaille à chair fine et abondante, capable de produire aussi en hiver.
Ce cahier des charges explique sa morphologie. La barbe et les favoris, hérités des Houdan, protègent la gorge du froid. Les pattes emplumées viennent des asiatiques. La chair blanche et fine vient du Dorking, dont elle tient aussi les cinq doigts. Et sa capacité à pondre en saison froide, alors que les autres races s'arrêtaient, faisait toute sa valeur commerciale à une époque sans éclairage artificiel.
La Faverolles est une excellente race, à condition de construire le poulailler autour d'elle et non l'inverse. Dans un groupe homogène de races calmes, elle est parfaite : douce, rustique, jolie, correcte en ponte avec 160 à 200 oeufs, et capable de produire en hiver. C'est aussi une race française de patrimoine, ce qui n'est pas rien.
Ne l'introduisez pas dans un groupe déjà installé de races actives. Si vous avez des Rhode Island, des Leghorn ou des hybrides vives, elle passera sa vie en dernier et vous conclurez à tort qu'elle est fragile. Dans ce cas de figure, une Wyandotte tiendra sa place avec un caractère presque aussi accommodant.
C'est un caractère hérité du Dorking, l'une des races utilisées pour la créer, et c'est un critère de standard. Le cinquième doigt est situé au-dessus du doigt postérieur et pointe vers le haut. Il ne touche pas le sol, donc son ongle ne s'use pas : contrôlez-le deux fois par an, il peut s'enrouler et blesser la patte. Une Faverolles à quatre doigts n'est pas une Faverolles pure.
Non, c'est un malentendu fréquent. Elle est rustique, résistante au froid et solide. Ce qu'on prend pour de la fragilité est le résultat de son caractère : très douce, elle se fait dominer par les races vives et finit par manger en dernier, maigrir et s'isoler. Dans un groupe de races calmes ou entre Faverolles, ce problème disparaît complètement.
160 à 200 par an, ce qui est correct pour une race de patrimoine, avec un oeuf crème rosé d'environ 58 g. Elle a surtout la particularité de continuer à pondre pendant la saison froide, ce qui faisait sa valeur commerciale au dix-neuvième siècle et reste appréciable aujourd'hui.
Avec des races au tempérament comparable : Orpington, Brahma, Cochin, Poule de Soie, Wyandotte. Évitez les Rhode Island, les Leghorn et les hybrides commerciales très actives, qui la relégueront durablement. Si le mélange est inévitable, prévoyez deux mangeoires et deux abreuvoirs placés hors de vue l'un de l'autre.
Un seul, mineur : les plumes de la gorge trempent dans l'abreuvoir et gèlent par temps froid. Un abreuvoir à tétines ou simplement suspendu à hauteur de dos règle la question. En dehors de cela, barbe et favoris protègent la gorge et participent à son excellente rusticité au froid.