Au début des années 1850, l'Angleterre et les États-Unis se sont mis à payer des sommes déraisonnables pour ces boules de plumes venues de Chine. La bulle a éclaté, la race est restée, et elle sert aujourd'hui à quelque chose de très précis.
Mis à jour le
Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
En 1843, des volailles asiatiques massives et emplumées jusqu'aux doigts débarquent en Angleterre. Elles ne ressemblent à rien de ce que l'Europe connaît, et la reine Victoria en reçoit quelques sujets, qu'elle fait installer dans un poulailler modèle à Windsor. La caution royale suffit à déclencher le phénomène : entre 1845 et 1855, l'Angleterre et la Nouvelle-Angleterre traversent ce que les journaux de l'époque baptisent la hen fever, la fièvre des poules.
Les prix atteignent des niveaux absurdes, des sommes équivalentes à plusieurs mois de salaire pour un couple reproducteur, des expositions attirent des dizaines de milliers de visiteurs, et une presse spécialisée naît de toutes pièces. Puis, comme toutes les bulles, celle-ci éclate autour de 1855 et les cours s'effondrent.
Ce qui en reste est considérable. L'aviculture de race, les standards écrits, les concours et les clubs sont nés de cet épisode. Et les volailles asiatiques importées à cette occasion ont servi de base à une grande partie des races modernes : la Brahma, l'Orpington, la Faverolles et la Wyandotte ont toutes du sang Cochin.
Soyons directs : avec 90 à 130 oeufs par an, la Cochin est la plus faible pondeuse du site. Elle pèse en outre 3,5 à 5 kg et mange en proportion. Rapporté à l'oeuf produit, c'est la race la plus coûteuse de nos vingt-six, et de loin.
Elle est également très peu active, notée 3 sur 10 en autonomie. Elle ne fourrage pratiquement pas, ne s'éloigne pas et prend facilement du gras, ce qui abrège encore sa carrière de ponte. Si vous cherchez une poule productive, ou une poule qui nettoie un terrain, ce n'est pas elle.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
La Cochin est la meilleure couveuse-nourrice de la basse-cour, et c'est un vrai métier. Notée 9 sur 10 en instinct couveur, elle réunit quatre qualités que peu de races cumulent.
Une réserve pratique, tout de même : son poids. Une Cochin de 5 kg qui s'installe sur des oeufs à coquille fine peut en casser, surtout si le nid est dur. Une litière épaisse de sept à dix centimètres, bien creusée en cuvette, résout le problème. Ce point est développé dans notre page sur l'aménagement du pondoir.
La Cochin est la race la plus emplumée de la basse-cour. Duvet abondant sur tout le corps, plumes sur les tarses, sur les doigts extérieurs et jusqu'entre les doigts. C'est ce qui lui donne cette silhouette de boule sans pattes visibles, et ce qui impose deux précautions.
D'abord le sol. Un parcours boueux transforme ses pattes en manchons de terre séchée, avec un risque élevé de gale des pattes et une inspection quasi impossible. Chez elle, une zone abritée et sèche est indispensable.
Ensuite l'humidité générale. Un plumage aussi dense sèche très lentement, et un poulailler mal ventilé la met en difficulté bien avant une race à plumage serré. Ventilation haute, litière sèche : les principes détaillés dans notre page sur les poules en hiver comptent double pour elle.
N'achetez pas de Cochin pour les oeufs, vous seriez déçu. Achetez-en une pour deux usages précis : si vous voulez faire éclore et élever des poussins sans couveuse électrique, ou si vous voulez une poule spectaculaire et d'un caractère exceptionnellement doux dans un jardin où la production n'est pas le sujet.
Dans le premier cas, une seule Cochin dans un groupe de pondeuses est une combinaison très efficace : les autres pondent, elle couve. Dans le second, elle se place aux côtés de la Poule de Soie, avec l'avantage du gabarit et l'inconvénient de la place à lui donner. Prévoyez dans les deux cas un sol sec, c'est la seule condition non négociable.
| Repère | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| Jusqu'à 5 kg | Parmi les plus lourdes du site, derrière la Brahma seulement. |
| 9 sur 10 en couvaison | Une couveuse acharnée, très utilisée comme mère adoptive. |
| 3 sur 10 en autonomie | Elle cherche peu sa nourriture : le parcours ne la nourrira pas. |
90 à 130 par an, la plus faible production des vingt-six races du site. Elle pèse en outre 3,5 à 5 kg et mange en conséquence, ce qui en fait la race la plus coûteuse par oeuf produit. Ce n'est pas une poule de production, et il faut l'acheter en connaissance de cause.
C'est la meilleure de la basse-cour, avec la Poule de Soie. Elle couve n'importe quels oeufs, y compris de cane ou d'oie, en tient huit à dix grâce à sa taille, ne se décourage pas sur vingt et un jours et élève ensuite ses poussins six à huit semaines. Prévoyez une litière épaisse : son poids peut casser des oeufs à coquille fine sur un nid dur.
Les deux sont des géantes emplumées d'origine asiatique, arrivées en Occident à la même époque. La Brahma est plus haute, plus verticale, pond 140 à 180 oeufs et se déplace davantage. La Cochin est plus ronde, plus basse, pond 90 à 130 oeufs mais couve bien mieux. Pour des oeufs, prenez la Brahma ; pour couver, la Cochin.
Étonnamment bien, parce qu'elle est très peu active et ne cherche pas à s'éloigner. Un grillage de 90 cm la retient. Attention en revanche à l'embonpoint : peu de mouvement et grosse mangeuse, elle prend facilement du gras, ce qui abrège sa carrière. Comptez cinq mètres carrés par poule et évitez les compléments riches.
Uniquement sur un sol boueux, mais chez elle plus que chez toute autre race : l'emplumement va jusqu'entre les doigts. La boue forme des manchons durcis, favorise la gale des pattes et rend l'inspection quasi impossible. Une zone sèche et abritée sur le parcours est indispensable, ce n'est pas un simple confort.