Il y a la race et il y a l'appellation, et ce ne sont pas la même chose. Vous pouvez élever l'une dans votre jardin, vous ne produirez jamais l'autre. Cette confusion vaut la peine d'être levée avant d'acheter.
Mis à jour le
Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
La Bresse Gauloise est une race avicole, avec un standard, des éleveurs et des clubs. Elle se trouve, s'achète et s'élève partout en France, exactement comme une Sussex ou une Marans.
La volaille de Bresse a été la première volaille au monde à obtenir une appellation d'origine, en 1957. Elle est restée seule dans ce cas jusqu'à l'enregistrement du Poulet du Bourbonnais en AOP, en novembre 2023. Elle suppose la race, mais elle suppose surtout tout le reste : une aire géographique délimitée à cheval sur l'Ain, la Saône-et-Loire et le Jura, un cahier des charges homologué par l'INAO, et un contrôle. Aucun de ces éléments n'est transportable.
Aucun jugement là-dedans : élever la race hors de l'aire est parfaitement légitime et donne de très bonnes volailles. Ce qui ne l'est pas, c'est de les vendre en parlant de poulet de Bresse. La nuance vaut aussi à l'achat : un vendeur qui vous propose « du Bresse » à quinze euros la poulette vous vend la race, ce qui est très bien, pas l'appellation.
Plumage blanc, pattes bleu ardoise, crête rouge vif : la Bresse Gauloise blanche porte les trois couleurs du drapeau, par choix des sélectionneurs. Le rapprochement a été fait très tôt et il a beaucoup servi la race, jusqu'à devenir un élément du standard et de son identité commerciale.
Deux précisions honnêtes. D'abord, la couleur des pattes est un caractère génétique classique, présent chez d'autres races, et il n'a aucune incidence sur la qualité de la chair. Ensuite, la race existe aussi en noir, gris et blanche de Bourg, variétés bien moins connues et tout aussi authentiques. C'est la blanche qui a été retenue pour l'appellation, ce qui a fait disparaître les autres du paysage commercial sans les faire disparaître des élevages de conservation.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
Toute sa réputation porte sur la chair, au point qu'on ne parle jamais de ses oeufs. C'est dommage : la Bresse Gauloise pond 180 à 200 oeufs blancs par an, ce qui la place au-dessus de la Marans, de la Wyandotte et de la Orpington. Pour une race de terroir, c'est remarquable.
Elle a en plus une qualité que les grandes races n'ont pas : elle est légère, 2 à 2,5 kg, et donc économe. Elle consomme comme une race moyenne tout en produisant comme une bonne pondeuse, et elle trouve une part importante de sa nourriture au parcours. Sa note d'autonomie, 10 sur 10, est la meilleure du site avec celle de la Gauloise dorée et de la Barbezieux.
La Bresse Gauloise est une poule de plein air, au sens fort. Elle n'a pas été sélectionnée pour tenir dans un enclos, et cela se voit tout de suite.
La Bresse Gauloise est une des meilleures poules de plein air qu'on puisse choisir, à condition d'avoir le terrain. Elle pond bien, elle mange peu pour ce qu'elle produit, elle se débrouille seule, et elle porte une histoire qui a du sens. Si vous avez un pré, une haie et de la place, c'est un très beau choix, largement sous-estimé pour la ponte.
Si votre enclos fait moins de cinquante mètres carrés, passez votre chemin sans regret : vous auriez une poule frustrée et vous perdriez tout ce qui fait son intérêt. Et n'achetez pas cette race en espérant produire du poulet de Bresse : hors de l'aire, vous produirez une excellente volaille fermière, ce qui est déjà beaucoup, mais qui ne porte pas ce nom.
Oui, la race Bresse Gauloise s'achète et s'élève partout, sans aucune restriction. Ce qui est réservé à l'aire d'appellation, c'est le droit d'employer le nom « volaille de Bresse » à la vente, qui suppose une localisation dans l'Ain, la Saône-et-Loire ou le Jura, une habilitation et le respect d'un cahier des charges contrôlé.
180 à 200 oeufs blancs par an, ce qui est très correct et souvent ignoré tant sa réputation porte sur la chair. Elle fait mieux que la Marans, la Wyandotte ou l'Orpington, pour un poids de seulement 2 à 2,5 kg, donc une consommation d'aliment modérée.
C'est un caractère génétique classique de pigmentation des tarses, qu'on retrouve dans d'autres races. Associé au plumage blanc et à la crête rouge, il donne les trois couleurs du drapeau, ce qui a beaucoup servi l'image de la race et fait partie de son standard. Cela n'a en revanche aucune incidence sur la qualité de la chair ou des oeufs.
Non, et c'est le point à trancher avant tout le reste. C'est une poule de plein air, active et volante, qui a besoin d'au moins huit mètres carrés de parcours herbeux par sujet. Dans un enclos réduit, elle s'agite et le picage s'installe. Pour un petit espace, orientez-vous vers une Pékin naine, une Orpington ou une Poule de Soie.
Oui, la race existe en noire, en grise et en blanche de Bourg. Ces variétés sont tout aussi authentiques mais bien plus rares, la blanche ayant été retenue pour l'appellation et ayant occupé tout le terrain commercial. On les trouve chez des éleveurs de conservation et dans les bourses aux volailles.