Presque toutes les races naissent d'un croisement entre plusieurs souches. Celle-ci est née d'une seule : des éleveurs ont pris de la Rhode Island Red et l'ont retravaillée pendant dix ans sur trois critères. Le résultat éclaire bien ce que peut la sélection.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Au milieu des années 1920, des aviculteurs du New Hampshire partent d'un cheptel de Rhode Island Red et décident de ne rien y ajouter. Pas de croisement, pas d'apport extérieur : uniquement une sélection année après année à l'intérieur de la race, sur trois objectifs précis.
La race est reconnue au standard américain en 1935, soit une dizaine d'années de travail. Elle s'écarte assez de son point de départ pour être considérée comme distincte, avec un plumage plus clair, plus fauve doré là où la Rhode Island est acajou foncé, et une silhouette moins rectangulaire.
L'intérêt de cette histoire est ce qu'elle démontre : on peut modifier profondément une population sans jamais y introduire de sang étranger, simplement en choisissant les reproducteurs. C'est exactement le mécanisme qui, appliqué à d'autres objectifs, a donné les hybrides de ponte modernes.
C'est sa particularité la plus utile, et elle est rare. Presque toutes les races sélectionnées pour la ponte ont perdu la couvaison en chemin, parce qu'une poule qui couve ne pond pas : la Leghorn et l'ISA Brown sont notées 1 sur 10, la Sussex et l'Australorp plafonnent à 4.
La New Hampshire, elle, pond 210 à 220 oeufs et conserve un instinct couveur noté 7 sur 10, avec de bonnes qualités maternelles. C'est un profil quasiment unique parmi les races productives, et il ouvre une possibilité concrète : un poulailler qui produit correctement et qui se renouvelle tout seul, sans couveuse électrique ni achat annuel de poulettes.
La contrepartie est à connaître : chaque couvaison coûte environ deux mois de ponte. Si vous ne voulez pas de poussins, il faudra les casser régulièrement, comme l'explique notre page sur la poule qui couve. Ce n'est un avantage que si vous en faites quelque chose.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
Les deux races se ressemblent assez pour être confondues chez un vendeur peu regardant, et les prix sont proches. Trois critères suffisent à trancher.
| Critère | New Hampshire | Rhode Island Red |
|---|---|---|
| Couleur du plumage | Fauve doré à châtain clair, avec un camail plus lumineux | Acajou très foncé, presque brun rouge |
| Silhouette | Plus arrondie, dos légèrement incliné | Rectangulaire, longue et basse, décrite comme une brique |
| Queue | Noire à liseré fauve, portée plus haut | Noire à reflets verts, portée bas |
| Couvaison | Fréquente, bonne mère | Rare |
| Caractère | Calme, se laisse approcher | Active, dominante, peu démonstrative |
Sur ce dernier point, la sélection américaine des années 1930 a produit une poule nettement plus facile à vivre que sa race d'origine. La New Hampshire est notée 8 sur 10 en docilité contre 5 pour la Rhode Island, et elle ne domine pas les autres races du poulailler. Dans un groupe mixte, c'est une différence qui compte au quotidien.
La New Hampshire est le bon compromis pour qui veut une basse-cour autonome. Elle pond bien, elle est facile à vivre, elle donne une carcasse correcte, et surtout elle couve : avec un coq, un poulailler de New Hampshire se renouvelle seul, ce qu'aucune pondeuse moderne ne permet.
Si vous ne cherchez que des oeufs et que la reproduction ne vous intéresse pas, son instinct couveur devient un inconvénient et l'Australorp ou la Sussex feront mieux, avec une disponibilité bien meilleure en France. C'est vraiment le projet qui départage ces trois races, pas leurs qualités.
| Repère | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| 8 sur 10 en docilité | Un tempérament posé, dans le haut du classement des races productives. |
| 7 sur 10 en couvaison | Le bon compromis pour faire éclore quelques poussins sans excès. |
| 55 g par oeuf | Un calibre moyen, à mettre en regard des 210 à 220 oeufs annuels. |
La New Hampshire descend uniquement de la Rhode Island, retravaillée pendant dix ans sur la précocité, la croissance et l'éclosabilité. Elle est plus claire, fauve doré au lieu d'acajou foncé, plus arrondie de silhouette, nettement plus douce de caractère, et elle a gardé un bon instinct couveur que la Rhode Island a perdu. Elle pond en revanche un peu moins, 215 oeufs contre 260.
Oui, et c'est ce qui la distingue : c'est l'une des rares races à cumuler une bonne ponte et un instinct maternel solide. Elle couve volontiers et élève correctement ses poussins. Cela permet un poulailler qui se renouvelle seul avec un coq, mais il faut accepter d'y perdre environ deux mois de ponte à chaque couvaison.
Très bien. Calme, docile, rustique, sans aménagement particulier, et productive dès la première année. Elle est plus facile à vivre que la Rhode Island dont elle descend, et elle ne domine pas les autres races du poulailler. Sa seule difficulté est de s'en procurer, la race restant peu répandue en France.
210 à 220 par an, de couleur brune et d'environ 55 g. C'est un bon niveau pour une race à double fin, sensiblement au-dessus de la moyenne des races de jardin. Comptez toutefois les interruptions liées à ses couvaisons si vous ne les cassez pas.
Oui, c'est une vraie race à double fin : les coquelets prennent du poids correctement et donnent une carcasse de bonne taille vers cinq mois. Elle a précisément été sélectionnée pour cela dans les années 1930. Ne cherchez pas la finesse d'une Barbezieux ou d'une Bresse, mais pour un usage familial le résultat est très satisfaisant.