Le guide complet pour élever ses poules de basse-cour, sans bla-bla
Mescocottes.fr Calculer ma ponte

Poule New Hampshire

Presque toutes les races naissent d'un croisement entre plusieurs souches. Celle-ci est née d'une seule : des éleveurs ont pris de la Rhode Island Red et l'ont retravaillée pendant dix ans sur trois critères. Le résultat éclaire bien ce que peut la sélection.

Mis à jour le

Poule New Hampshire
Wikimedia Commons, CC BY-SA
1 raceÀ l'origine de toute sa génétique
10 ansPour la fixer, de 1925 à 1935
215 oeufsPonte annuelle moyenne
7 /10Instinct couveur, rare à ce niveau de ponte
Oeufs par an210 à 220
Calibre de l'oeuf55 g en moyenne
Couleur des oeufsBrun
Poids adulte2,8 à 3,2 kg (poule), 3,6 à 4 kg (coq)
Premier oeuf18 à 22 semaines
Enclos conseillé4 m² par poule
OrigineÉtats-Unis (1935)
Prix courant8 à 20 €
Origine génétiqueRhode Island Red uniquement
UsageDouble fin, oeufs et chair

Profil de la race, comparé aux 26 races du site

Ponte
8/10
Rusticité au froid
8/10
Docilité
8/10
Autonomie au parcours
7/10
Instinct couveur
7/10
Supporte un petit espace
6/10

Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.

Dix ans de tri dans une seule race

Au milieu des années 1920, des aviculteurs du New Hampshire partent d'un cheptel de Rhode Island Red et décident de ne rien y ajouter. Pas de croisement, pas d'apport extérieur : uniquement une sélection année après année à l'intérieur de la race, sur trois objectifs précis.

La race est reconnue au standard américain en 1935, soit une dizaine d'années de travail. Elle s'écarte assez de son point de départ pour être considérée comme distincte, avec un plumage plus clair, plus fauve doré là où la Rhode Island est acajou foncé, et une silhouette moins rectangulaire.

L'intérêt de cette histoire est ce qu'elle démontre : on peut modifier profondément une population sans jamais y introduire de sang étranger, simplement en choisissant les reproducteurs. C'est exactement le mécanisme qui, appliqué à d'autres objectifs, a donné les hybrides de ponte modernes.

Une pondeuse qui a gardé son instinct de mère

C'est sa particularité la plus utile, et elle est rare. Presque toutes les races sélectionnées pour la ponte ont perdu la couvaison en chemin, parce qu'une poule qui couve ne pond pas : la Leghorn et l'ISA Brown sont notées 1 sur 10, la Sussex et l'Australorp plafonnent à 4.

La New Hampshire, elle, pond 210 à 220 oeufs et conserve un instinct couveur noté 7 sur 10, avec de bonnes qualités maternelles. C'est un profil quasiment unique parmi les races productives, et il ouvre une possibilité concrète : un poulailler qui produit correctement et qui se renouvelle tout seul, sans couveuse électrique ni achat annuel de poulettes.

La contrepartie est à connaître : chaque couvaison coûte environ deux mois de ponte. Si vous ne voulez pas de poussins, il faudra les casser régulièrement, comme l'explique notre page sur la poule qui couve. Ce n'est un avantage que si vous en faites quelque chose.

Comparateur

New Hampshire face à une autre race

New Hampshire contre Rhode Island
210 à 220Oeufs par an240 à 280
55 gCalibre de l'oeuf60 g
BrunCouleur de coquilleBrun moyen
2,8 à 3,2 kgPoids de la poule2,5 à 3,5 kg
18 à 22 sem.Premier oeuf18 à 22 sem.
4 m² / pouleEnclos conseillé5 m² / poule
8 à 20 €Prix courant8 à 20 €
8
Ponte
8
8
Rusticité au froid
7
8
Docilité
5
7
Autonomie au parcours
9
7
Instinct couveur
2
6
Supporte un petit espace
5

Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.

Comment la distinguer de la Rhode Island

Les deux races se ressemblent assez pour être confondues chez un vendeur peu regardant, et les prix sont proches. Trois critères suffisent à trancher.

CritèreNew HampshireRhode Island Red
Couleur du plumageFauve doré à châtain clair, avec un camail plus lumineuxAcajou très foncé, presque brun rouge
SilhouettePlus arrondie, dos légèrement inclinéRectangulaire, longue et basse, décrite comme une brique
QueueNoire à liseré fauve, portée plus hautNoire à reflets verts, portée bas
CouvaisonFréquente, bonne mèreRare
CaractèreCalme, se laisse approcherActive, dominante, peu démonstrative

Sur ce dernier point, la sélection américaine des années 1930 a produit une poule nettement plus facile à vivre que sa race d'origine. La New Hampshire est notée 8 sur 10 en docilité contre 5 pour la Rhode Island, et elle ne domine pas les autres races du poulailler. Dans un groupe mixte, c'est une différence qui compte au quotidien.

Rien de compliqué au quotidien

Notre position

La New Hampshire est le bon compromis pour qui veut une basse-cour autonome. Elle pond bien, elle est facile à vivre, elle donne une carcasse correcte, et surtout elle couve : avec un coq, un poulailler de New Hampshire se renouvelle seul, ce qu'aucune pondeuse moderne ne permet.

Si vous ne cherchez que des oeufs et que la reproduction ne vous intéresse pas, son instinct couveur devient un inconvénient et l'Australorp ou la Sussex feront mieux, avec une disponibilité bien meilleure en France. C'est vraiment le projet qui départage ces trois races, pas leurs qualités.

Ses points forts en chiffres

Comparé aux 26 races du site.
RepèreCe que ça veut dire
8 sur 10 en docilitéUn tempérament posé, dans le haut du classement des races productives.
7 sur 10 en couvaisonLe bon compromis pour faire éclore quelques poussins sans excès.
55 g par oeufUn calibre moyen, à mettre en regard des 210 à 220 oeufs annuels.

Questions fréquentes

Quelle différence entre New Hampshire et Rhode Island Red ?

La New Hampshire descend uniquement de la Rhode Island, retravaillée pendant dix ans sur la précocité, la croissance et l'éclosabilité. Elle est plus claire, fauve doré au lieu d'acajou foncé, plus arrondie de silhouette, nettement plus douce de caractère, et elle a gardé un bon instinct couveur que la Rhode Island a perdu. Elle pond en revanche un peu moins, 215 oeufs contre 260.

Est-elle une bonne couveuse ?

Oui, et c'est ce qui la distingue : c'est l'une des rares races à cumuler une bonne ponte et un instinct maternel solide. Elle couve volontiers et élève correctement ses poussins. Cela permet un poulailler qui se renouvelle seul avec un coq, mais il faut accepter d'y perdre environ deux mois de ponte à chaque couvaison.

Convient-elle aux débutants ?

Très bien. Calme, docile, rustique, sans aménagement particulier, et productive dès la première année. Elle est plus facile à vivre que la Rhode Island dont elle descend, et elle ne domine pas les autres races du poulailler. Sa seule difficulté est de s'en procurer, la race restant peu répandue en France.

Combien d'oeufs pond-elle ?

210 à 220 par an, de couleur brune et d'environ 55 g. C'est un bon niveau pour une race à double fin, sensiblement au-dessus de la moyenne des races de jardin. Comptez toutefois les interruptions liées à ses couvaisons si vous ne les cassez pas.

Peut-on la garder pour la chair ?

Oui, c'est une vraie race à double fin : les coquelets prennent du poids correctement et donnent une carcasse de bonne taille vers cinq mois. Elle a précisément été sélectionnée pour cela dans les années 1930. Ne cherchez pas la finesse d'une Barbezieux ou d'une Bresse, mais pour un usage familial le résultat est très satisfaisant.

Pour aller plus loin

Sources