C'est la plus spectaculaire des races huppées, et la seule dont la particularité ne s'arrête pas aux plumes. Sous cette couronne, le crâne lui-même est modifié, et cela commande la façon dont il faut composer son poulailler.
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Profil de la race, comparé aux 26 races du site
Le trait vertical marque la moyenne des 26 races du site sur chaque critère.
Chez les races fortement huppées, la huppe ne pousse pas sur un crâne ordinaire. L'os frontal forme une protubérance en dôme, une excroissance qui soulève la base des plumes et leur donne cette implantation en couronne. Ce caractère est associé au gène de la huppe, et plus la huppe est développée, plus la bosse l'est.
Cette protubérance est constituée d'os plus fin que le reste du crâne. La conséquence pratique est directe : un coup de bec sur le sommet du crâne est nettement plus dangereux chez une Padoue que chez une autre poule. Ce qui ne serait qu'une chamaillerie ordinaire dans un poulailler peut ici provoquer une lésion sérieuse.
Ajoutez-y le fait que la huppe attire les coups de bec, parce qu'elle bouge et qu'elle dépasse, et vous avez la principale règle d'élevage de cette race : elle ne se mélange pas avec n'importe qui.
À l'inverse, un groupe de Padoue entre elles, ou associées à des Poules de Soie et des Pékin, fonctionne très bien : mêmes contraintes, même rythme, aucune n'ira embêter les autres.
Notes attribuées par nos soins sur l'ensemble des 26 races du site, à partir des standards de clubs et des retours d'éleveurs. Elles servent à comparer, pas à classer : une note basse en ponte n'est un défaut que si vous cherchez des oeufs.
La Padoue n'a pas de crête, ou seulement un vestige minuscule caché sous la huppe. C'est un avantage évident contre les gelures, puisqu'il n'y a rien à geler.
Sa note de rusticité au froid est pourtant la plus basse du site, 3 sur 10, et la raison est ailleurs. Une crête sert aussi à évacuer la chaleur et à réguler ; surtout, la principale faiblesse de cette race est l'humidité. Une huppe volumineuse qui se mouille reste humide des heures, colle au crâne, refroidit la tête et devient un terrain à parasites. Un abri mal ventilé ou un parcours détrempé la mettent en difficulté bien avant qu'une race à plumage serré ne s'en aperçoive.
Concrètement, cela veut dire : ventilation haute et litière sèche, comme le détaille notre page sur les poules en hiver, un abreuvoir à tétines ou suspendu pour qu'elle ne trempe pas sa huppe en buvant, et une zone couverte sur le parcours. Ce sont trois aménagements simples qui suffisent, mais ils ne sont pas facultatifs.
Soyons clairs : 100 à 150 oeufs blancs par an, un caractère craintif plutôt que câlin, une rusticité limitée et des contraintes d'aménagement. Ce n'est pas une poule de production et ce n'est pas non plus une poule à câliner comme une Poule de Soie.
C'est une poule d'ornement au sens plein, et c'est très bien ainsi. Sa silhouette est unique, ses coloris nombreux, chamois liseré blanc, argenté, doré, noir, blanc, bleu, et un groupe de Padoue dans un enclos couvert produit un effet qu'aucune autre race ne donne. Elle a été peinte par les maîtres hollandais du dix-septième siècle, ce qui situe l'ancienneté du goût qu'on lui porte.
Un détail qui plaît : elle vole peu et ne cherche pas à s'échapper, ce qui rend l'enclos couvert facile à concevoir. Une hauteur de 1,20 m suffit largement.
La Padoue s'adresse à quelqu'un qui veut un poulailler d'ornement, pensé pour elle. Dans un enclos couvert, sec, avec des congénères calmes et sans coq, elle vit très bien et donne un spectacle permanent. Elle a seulement des exigences précises.
Ne l'ajoutez pas à un groupe existant de races vives : la huppe se fera picorer et la fragilité du crâne rend l'affaire sérieuse. Si vous voulez une huppée dans un poulailler mixte ordinaire, la Houdan est un peu plus robuste, et la Poule de Soie, dont la huppe est plus courte et le caractère plus affirmé, s'en sort mieux encore.
| Repère | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| 3 sur 10 en rusticité | L'une des plus fragiles au froid et à l'humidité de tout le site. |
| 2 sur 10 en couvaison | Elle ne couve pratiquement jamais, ce qui simplifie la gestion. |
| 100 à 150 oeufs | Une ponte d'ornement, à ne pas confondre avec une poule utilitaire. |
Parce que la huppe la remplace : le gène de la huppe s'accompagne d'une protubérance osseuse du crâne qui empêche le développement d'une crête normale. Il ne subsiste au mieux qu'un vestige minuscule, caché sous les plumes. C'est un avantage contre les gelures, mais cela n'en fait pas une race résistante au froid pour autant.
Uniquement avec des races calmes : Poule de Soie, Pékin, Cochin, ou entre Padoue. Évitez les races vives et dominantes, qui picorent la huppe par curiosité puis par habitude, et évitez le coq, qui saisit la nuque pendant la saillie, exactement là où le crâne est fragile. Une lésion à cet endroit est nettement plus sérieuse que chez une autre poule.
Dégager les plumes qui retombent devant les yeux améliore beaucoup son assurance et sa capacité à repérer ce qui l'entoure, sans toucher au volume de la couronne. C'est sans douleur et cela repousse à la mue. Abstenez-vous en revanche si vous présentez vos sujets en exposition, la huppe faisant partie du jugement.
C'est la race la moins résistante du site sur ce critère. Le problème n'est pas le froid sec mais l'humidité : une huppe volumineuse mouillée reste humide des heures, colle au crâne et refroidit la tête. Prévoyez une ventilation haute, une litière sèche, une zone couverte sur le parcours et un abreuvoir suspendu ou à tétines.
100 à 150 oeufs blancs par an, d'environ 50 g. C'est une race d'ornement, sélectionnée depuis des siècles sur son apparence et non sur sa production. Elle couve très peu, ce qui évite au moins les interruptions, mais il ne faut pas l'acheter pour le panier.